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Festival de Cannes 2019

cannes 2019 - Sélection compétition (partie 1) : les habitués multi-primés

Festival de Cannes 2019
Compétition
du mardi 14 au samedi 25 mai 2019
Cannes – France

Afin de présenter les films présents en compétition dans une approche plus structurée, nous aborderons cette année cette section, non pas par ordre alphabétique de titres des œuvres (comme par le passé), mais selon une organisation en quatre parties, liées au caractère d’habitué ou récompensé de leurs auteurs. Cette première partie est ainsi dédiée à des metteurs en scène qui ont déjà participé à maintes reprises à la compétition cannoise, et remporté un certain nombre de prix pour eux-même, pour des interprètes ou des membres de leurs équipes.

Douleur et Gloire image selection
© El deseo - Monolo Pavon

DOULEUR ET GLOIRE
(Dolor y Gloria)
de Pedro Almodovar
avec Antonio Banderas, Asier Etxeandia, Leonardo Sbaraglia, Nora Navas, Julieta Serrano, Penélope Cruz, Cecilia Roth, Raúl Arévalo...

Réalisateur lié au mouvement de la Movida en Espagne, Pedro Almodovar ("Femmes aux bords de la crise de nerf") participe cette année pour la sixième fois à la compétition du Festival de Cannes. Il y a déjà présenté de nombreux portraits de femmes entre émotion, drame et comédie, avec "Tout sur ma mère" (prix de la mise en scène en 1999), "Volver" (prix du scénario et multiple prix d'interprétation féminine en 2006), "Etreintes brisées" (2009), "La Piel que habito" (2011) et "Julieta" (2016). Il a également "La Mauvaise éducation" en ouverture hors compétition en 2004.

Le voici qui revient avec une bouleversante auto-fiction, "Douleur et gloire", déjà sorti en Espagne depuis fin mars, dans laquelle Antonio Banderas interprète un réalisateur à son image, qui profite d'une rétrospective de son œuvre pour renouer avec un acteur qu'il avait renié. Une œuvre sans nulle doute thérapeutique, permettant au réalisateur d'exorciser quelques regrets.

Voir la bande annonce de « Douleur et gloire » (vostfr) :


Le jeune ahmed image sélection

Le jeune ahmed (c) Christine Plenus - Diaphana distribution

LE JEUNE AHMED
de Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne
avec Idir Ben Addi, Olivier Bonnaud, Myriem Akheddiou...

Les frères Dardenne sont des habitués de Cannes, où ils ont été remarqués en 1996 à la Quinzaine des réalisateurs avec "La promesse" (révélant au passage Jérémie Rénier et Olivier Gourmet. Débarqués directement en compétition quatre ans plus tard, ils ont remporté la Palme d'Or avec "Rosetta", portrait choc d'une jeune femme en détresse, prête à tout pour trouver un travail. Un film qui révéla cette fois-ci Emilie Dequesne. S’en suivi une pluie de prix. "Le fils" en 2001 a valu à Olivier Gourmet un prix d'interprétation masculine fortement mérité, l'éprouvant "L'Enfant" en 2004 leur vaudra une deuxième Palme d'or, tandis que "Le silence de Lorna" en 2008 fut récompensé du Prix du scénario, et "Le gamin au vélo" en 2011 leur rapporta un Grand prix.

Depuis, "Deux jours et une nuit" avec Marion Cotillard tentant de conserver son emploi, et "La fille inconnue" avec Adèle Haenel en jeune médecin rongée par la culpabilité sont repartis bredouilles du Festival. Les voici de retour en 2019 avec "Le jeune Ahmed", histoire d'un garçon de 13 ans tanguant entre l’appel des idéaux religieux islamistes et les pulsions de son jeune âge.

Voir la bande annonce de « Le jeune Ahmed » :


Matthias et Maxime image sélection

Matthias et Maxime (c) Chayne Laverdiere

MATTHIAS ET MAXIME
de Xavier Dolan
avec Xavier Dolan, Gabriel D'Almeida Freitas, Anne Dorval, Antoine-Olivier Pilon, Pier-Luc Funk, Samuel Gauthier...

Après une parenthèse anglophone avec son pourtant formidablement maîtrisé "Ma vie avec John F. Donovan", Xavier Dolan revient déjà à Cannes avec "Matthias et Maxime", dans lequel il joue l'un des deux rôles principaux. L'histoire tourne une nouvelle fois autour de la question de l'identité, avec deux amis d’enfance devant s’embrassant lors d'un tournage amateur et confronté au doute qui les étreint par la suite.

Découvert à la Quinzaine des réalisateurs en 2009 avec le percutant "J'ai tué ma mère", Xavier Dolan est lui aussi un enfant de Cannes, où il a ensuite présenté "Les amours imaginaires" (2010) et "Laurence Anyways" (2012) à Un certain regard, avant d'intégrer la compétition avec "Mommy" (prix du jury en 2014) et "Juste la fin du monde" (grand prix en 2016). Espérons que cette année 2019 lui portera une nouvelle fois chance.


Sorry we missed you image sélection

Sorry we missed you (c) Joss Barratt

SORRY WE MISSED YOU
de Ken Loach
avec Kris Hitchen, Debbie Honeywood, Rhys Stone...

Ken Loach est l'un des plus cinéastes fidèles du Festival de Cannes, où il a présenté pas moins de 14 films depuis 1980 jusqu'à présent, dont 13 en compétition. Après "The gamekeeper" en 1980, le réalisateur brittanique spécialiste de la comédie sociale, a été propulsé l'année suivante en compétition avec "Looks and smiles" (1981). Il a ensuite remporté le prix du jury par trois fois, avec "Hidden Agenda" en 1990, "Raining stones" en 1993, et "La part des anges" en 2012. "Sweet sixteen" a valu à Paul Laverty le prix du scénario en 2003, tandis que "My name is Joe" a permis à Peter Mullan de remporter le Prix d'interprétation masculine en 1998.

Si l'excellent "Land and freedom" (1998), "Bread and Roses" (2000), "Looking for Eric" (2009), "Route Irish" (2010), "Jimmy's hall" (2014) sont repartis bredouilles, il remporta deux Palme d'or, l'une en 2006 pour sa veine historique et militante ("Le Vent se Lève"), l'autre pour sa veine sociale et positiviste en 2016 avec "Moi, Daniel Blake". Son nouveau film, "Sorry we missed you" conte l'histoire d'une famille de Newcastle, qui espère des jours meilleurs en investissant dans une camionnette pour que le père puisse devenir chauffeur-livreur à son compte... Nul doute, nous sommes ici dans sa veine purement sociale.


Pour plus de renseignements :
Festival de Cannes 2019
du 14 au 25 mai 2019
Site officiel : http://www.festival-cannes.com/fr/

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur