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UN HOMME À LA HAUTEUR

Un film de Laurent Tirard
 

POUR : Niveau 3 – Une comédie pleinement à la hauteur

Diane est avocate. Séparée depuis trois ans d’un homme qui ne la rendait pas heureuse, elle reçoit un jour le coup de fil d’un certain Alexandre, qui a retrouvé le portable qu’elle avait perdu. Tous les deux se rencontrent peu après dans un restaurant, mais la rencontre va s’avérer surprenante pour Diane…

Il faut bien avouer que Laurent Tirard, ancien rédacteur du magazine "Studio Magazine", est un sacré faiseur de comédies. Après l'excellent "Mensonges et trahisons et plus si affinités...", il a réalisé le sympathique "Molière" et surtout le dernier épisode d'Astérix, live, "Astérix et Obélix : au service de sa majesté", qui a redoré le blason de la franchise. Après deux épisodes de commande plus mineurs du "Petit Nicolas", le voici en réalisateur, mais aussi en co-scénariste-dialoguiste d'"Un homme à la hauteur", dans lequel on reconnaît d'emblée son don pour la fluidité, avec un plan séquence d'ouverture où Virginie Elfira se laisse séduire au téléphone par la voix d'un homme qui a retrouvé son portable, et profite de la situation pour lui proposer un verre.

Le petit grain de sel dans ce point de départ plutôt anodin mais finement dialogué ? La taille du monsieur, qui fait seulement 1m36, soit un beau tour de cou pour l'acteur rapetissé, Jean Dujardin, en permanence le regard vers le haut. Le scénario, s'il se concentre nécessairement sur la manière que l'homme a de donner le change et sur les difficultés récurrentes face au regard des autres, met en évidence progressive les failles d'un personnage qui s'est forgé une carapace, et aborde cependant avec une véritable tendresse la question de la différence. Les quelques gags liés à la petite taille sont toujours surprenants, et de vraies scènes de comédie nous attendent au tournant, lors des passages avec l'invasive secrétaire du cabinet d'avocats, ou avec les parents. Quant à Virginie Elfira, elle illumine une nouvelle l'écran, de sa beauté plastique, de sa douceur et de son irrésistible naturel. Un vrai bon moment.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

On pourrait faire tout un tas de jeux de mots avec un titre pareil, ne serait-ce que pour faire de la « taille » un élément de comparaison entre le titre et ce qu’est réellement le film. Mais voilà, pour le coup, on va s’abstenir. D’abord parce que ce serait faire trop d’honneur à la nullité du résultat final, mais aussi parce que le degré de condescendance du film vis-à-vis des personnes de petite taille a de quoi nous mettre très en colère. Déjà, tous ceux qui ont déjà vu la bande-annonce une bonne vingtaine de fois au cinéma savent qu’il n’y a plus de suspense concernant le « truc » du film. Donc, pour faire simple, Virginie Efira tombe ici amoureuse de Jean Dujardin qui joue ici un homme de 1m36. Voilà… Et ? C’est tout ? Et bien oui. Voilà ce qu’est le nouveau film de Laurent Tirard : une arnaque cinématographique qui pompe dix euros à son spectateur en ne lui offrant rien d’autre que son idée de base (déjà connue à l’avance, donc), et ce avec une tripotée de scènes creuses et bêtes pour remplir les 97 minutes qui restent.

Une fois l’intro expédiée (un plan-séquence pas dégueu + une rencontre dans un restaurant), cette comédie romantique ni drôle ni romantique a déjà décoché toutes ses flèches. Il ne lui reste alors que ce que l’on supposait : utiliser la petite taille d’une personne comme ressort comique dans un premier temps (toutes les blagues vaseuses sur le sujet y passent !) et comme ressort moralisateur dans un second temps (parce que c’est important d’aller au-delà des apparences, d’oublier les clichés et les idées reçues, blablabla…). Les clichés sont pourtant le seul domaine dans lequel le film s’engouffre, n’oubliant jamais de garnir son casting d’une flopée de seconds rôles stéréotypés (l’ex-mari beauf, la secrétaire nunuche, la mère intello-coincée, etc…) et d’écrire des situations bien nases qui appuient fort sur la plaie de la stigmatisation (facepalm garanti devant les blagues respectives sur la taille du chien et le thermomètre). Rien ne surnage d’un tel gâchis de temps et d’argent, même pas le talent d’Efira (jolie mais potiche) et de Dujardin (sympa mais éteint), et encore moins la BO que l’on doit à une certaine Emilie Gassin, laquelle commet l’outrage de saloper le Freed from desire de Gala (ça, c’est impardonnable !). Quant à savoir s’il y avait vraiment un point de vue de mise en scène là-dedans, sans doute a-t-il été miniaturisé dès le premier coup de clap.

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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