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Charlize Theron

Interprète

Ce n’est pas en l’observant qu’on peut le deviner, mais cette belle grande blonde est sud africaine. Elle est élevée par un père d’ascendance française et par une mère d’origine allemande, propriétaires d’une entreprise de construction routière dans la région de Johannesbourg. Son père est alcoolique, et un jour où il se montre particulièrement violent, sa mère le tue en état de légitime défense. Sa mère encourage Charlize dans ce qu’elle aime. Celle-ci se présente à un concours de mannequinat qu’elle gagne, et s’envole pour l’Italie, pour y gagner un autre concours. Elle se met à voyager et arrive à Miami. Elle faisait également du ballet, mais une blessure au genou la contraint de s’arrêter. Elle tente alors sa chance dans ce qu’elle voulait faire depuis longtemps et tente de devenir actrice. Elle se fait repérer par John Crosby, un découvreur de talent, un jour à sa banque alors qu’elle s’énerve pour un chèque qu’on ne veut pas lui encaisser.

Son joli minois lui vaut d’être repérée à Hollywood, et de faire rapidement des débuts sérieux sous la caméra de Taylor Hackford, aux côtés de Keanu Reeves dans « L'Associé du diable » en 1997. Il y a certes un plan marquant où on la voit nue, néanmoins le film lui permet une prestation très honorable à côté du tourmenté Keanu Reeves, où elle joue l’épouse parfaite mais déboussolée. Elle enchaîne avec le très sérieux « Celebrity » de Woody Allen, sur l’univers des stars. Ici, des déhanchements sur une piste de danse confirment le fait qu’elle n’est pas engagée que pour la profondeur de son jeu, mais son CV s’étoffe, et danser pour Woody Allen, dans un film en noir et blanc n’équivaut pas à se trémousser devant la caméra de Michael Bay. Sa carrière oscille ensuite entre films légers, films d’action et films plus sérieux. Parmi les réalisateurs estampillés « auteurs » qui l’appellent notons James Gray dans le drame « The Yards », éventuellement Lass Hallström dans l’adaptation du livre « L’œuvre de Dieu, la part du diable », et Rober Redford pour le léger « Bagger Vance ». Pour s’amuser, elle ne dit pas non à certains films de genre, voir d’action, plus ou moins réussis, comme « Intrusion », « Piège Fatal », ou le très correct « 15 minutes ». Après ces détours peu mémorables elle retrouve Woody Allen, pour « Le Sortilège du scorpion de Jade » en 2001.

C’est avec « Monster », de Patty Jenkis, en 2003, qu’elle marque sa carrière d’un véritable tournant, en endossant le rôle d’une criminelle lesbienne assez grosse. Au final, après avoir pris 13 kilos et sous un visage déformé par le silicone, ne restent plus que ses yeux. Le film est très bon, et pour une fois Charlize Theron fait complètement oublier son physique. Le rôle lui vaut un oscar, et permet de l’inscrire définitivement dans la catégorie des vraies actrices, délaissant ainsi celle des beaux minois. Charlize Theron a 28 ans, elle vient de faire un bond en avant phénoménal. Il était temps. Elle enchaîne tout de suite après avec le très respecté « Moi Peter Sellers », film revenant sur le magnifique acteur de Kubrick, avant de continuer à alterner films d’auteurs et films commerciaux. Dit autrement, et avec plus de finesse, elle alterne films parfois engagés comme « L’affaire Josey Aimes », où elle joue une mère de famille contrainte de se faire embaucher à la mine pour nourrir ses enfants, univers à 99,9% masculin. Sans grande surprise le film fait 70 000 entrées en France, mais inexorablement ce genre de film a une connotation plus noble. Charlize Theron ne devient pas pour autant obsédée des films indépendants et tourne « Aeon Flux », un film de science-fiction dirigé par Karyn Kusama, qui s’était fait remarquée pour son premier film « Girlfight ». Le film n’est pas franchement remarqué et ne rentre pas dans les annales. Theron se fait pourtant plaisir avec un rôle d’héroïne, dans une tenue qui comble tous ses admirateurs.

Deux drames suivent : « Dans la vallée d’Ellah », où elle est inspecteur et tente de donner un coup de main à un père qui enquête sur la disparition de son fils en Irak. Signé Paul Haggis (« Collision »), le film est âpre, et Theron n’y a qu’un second rôle, preuve qu’elle peut se faire discrète. « Bataille à Seattle », tourné par son compagnon l’acteur Stuart Townsend, est un autre film minuscule, portant sur des conflits, qui passe inaperçu. Elle se réoriente sur le film à grand spectacle avec « Hancock », film de super héros très cynique qui fait un carton et marque par son humour et son décalage avec les blockbusters ambiants. Theron y joue une femme qui a un super pouvoir mais qui ne veut le dévoiler. Elle rejoint ensuite Guillermo Arriaga, scénariste, pour jouer dans son premier film en tant que réalisateur « Loin de la terre brûlée », un autre drame assez âpre. Elle y interprète une jeune femme mal dans sa peau, et le début est marqué par un plan de Theron qui regarde par la fenêtre, torse nu, sachant qu’elle est vue dans la rue. Cela gêne considérablement une femme qui promène son garçon. La plastique de Theron n’est donc pas systématiquement utilisée à des fins sensuelles.

« Young adult » la voit collaborer avec Jason Reitman (« Juno », « In the air »), pour un rôle écrit par Diablo Cody, qui là encore est assez décalé. Sa prestation est remarquée et la rumeur enfle, lui promettant une nomination à l’oscar… nomination qu’elle n’aura pas. Cela n’a pas grande importance car elle accepte de rejoindre l’équipe de « Prometheus », vraie (ou fausse ?) préquelle d’« Alien », qui fait d’ores et déjà beaucoup de bruit, avant d’enchaîner dans quelques semaines avec une nouvelle version de blanche neige.

Rôles et films en tous genre, Charlize Theron a une carrière riche et variée, avec laquelle elle touche à tous les genres, en passant par des rôles marquants. Elle fait désormais partie de ces actrices oscarisées qui semblent ne plus avoir peur de rien et peuvent tout se permettre.

Le saviez-vous ?

Sa langue maternelle est l'afrikaans, l'anglais étant sa seconde langue.

Filmographie sélective

2012 : Prometheus, de Ridley Scott
2012 : Blanche-Neige et le Chasseur, de Rupert Sanders
2012 : Young Adult, de Jason Reitman
2009 : La Route, de John Hillcoat
2009 : Loin de la terre brûlée, de Guillermo Arriaga
2008 : Hancock, de Peter Berg
2008 : Bataille à Seattle, de Stuart Townsend
2007 : Dans la vallée d'Elah, de Paul Haggis
2006 : L'Affaire Josey Aimes, de Niki Caro
2006 : Aeon Flux, de Karyn Kusama
2004 : Monster, de Patty Jenkins
2004 : Moi, Peter Sellers, de Stephen Hopkins
2001 : 15 minutes, de John Herzfeld
2001 : Le Sortilège du scorpion de jade, de Woody Allen
1999 : Intrusion, de Rand Ravich
1999 : L'Œuvre de Dieu, la part du Diable, de Lasse Hallström
1999 : The Yards, de James Gray
1998 : Celebrity, de Woody Allen
1997 : L'Associé du diable, de Taylor Hackford

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur

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