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MAD MAX : FURY ROAD

CONTRE : Niveau -1 - Max and furious

Alors qu'il erre dans le désert fuyant ses démons, Mad Max se retrouve capturé par les Warboys de l'infâme Immortan Joe. Malgré lui, il finit par être embarqué dans un convoi dirigé par l'impératrice Furiosa qui mène une insurrection contre son maître avec les meilleures pondeuses de la tribu.

La série Mad Max est donc devenue une tétralogie. Les trois premiers films étaient cohérents, apportant à chaque fois son lot de nouveautés et d’aventures à son héros, Max Rockatansky, un policier de la route devenu justicier solitaire. Pour ce nouvel épisode, George Miller reprend les rênes de la réalisation trente ans après "Au-delà du Dôme du tonnerre". Si au début on a un peu de mal à raccrocher les wagons, la trame de l’histoire, elle, n’a pas bien changé. La guerre du pétrole fait encore rage et Max se bat toujours pour sauver sa peau parmi les fous furieux qui errent sur les routes désertées d’un monde post-apocalyptique… Dans ce "Fury Road", Max tombe rapidement entre les mains du clan d’Immortan Joe (excellent Hugh Keays Byrne, ressuscité du premier volet) et se retrouve embarqué dans une folle et sauvage course-poursuite contre l’impératrice Furiosa qui, contre toute attente, trahit son chef et ambitionne de sauver les femmes-objets du clan en les emmenant en sécurité à la Terre Verte.

Et… tout est dit ! Car préparez-vous, si vous avez choisi d’embarquer dans ce "Fast and Furious" post-apocalyptique, à vivre deux heures non-stop dans un camion ou un bolide survitaminé, étant donné que le scénario n’a pas grand chose d’autres à proposer. C’est de la course-poursuite testostéronée, 100 % pur gasoil, qui rappelle furieusement le deuxième volet de Mad Max "Le Défi". De quoi enchanter les adeptes des « monster trucks » - ces gros engins aux roues démesurées - ainsi que les aficionados du « rollin’ coal », cette pratique à la mode qui consiste pour certains Américains à trafiquer le moteur de leur pick-up pour dégager un max de fumées noires. Bref, un film pour les fans de l’émission « Top Gear » et de "Fast and Furious". Ceux qui attendent un peu plus d’un long métrage en auront pour leur frais.

Car si ce gros film d’action qui fonce à 200 à l’heure est techniquement pas loin d’être parfait tant la beauté des images rappelle que du pétrole à coulé depuis le premier "Mad Max" (1979) et que les effets spéciaux ont considérablement évolué, le spectateur peut étrangement vite éprouver une panne moteur et se ranger rapidement sur la bande d’arrêt d’urgence en attendant qu’on vienne le secourir. Et, contre toute attente, c’est par Charlize Theron (l’impératrice aussi belle que rebelle) que vient notre salut. Elle bouffe Tom Hardy (Mad Max quand même !) d’un seul regard et surtout dès son premier dialogue. Car de verbe, le sieur Hardy n’en aura tout au plus que deux ou trois vu que la plupart du temps il marmonne ou grommelle. Et quelle aura ! Où est passé son sens de l’humour qui faisait tant le charme du Mad Max du siècle dernier ? Il n’est ici bon qu’à être une vache à sang, ayant le privilège d’être donneur universel, la belle affaire !

Pas de héros donc dans ce dernier épisode qui relègue Max au rang de chauffeur de taxi, mais une héroïne, magnifique, guerrière, conquérante, comme on n’en avait pas vu depuis longtemps, et qui se bat pour la liberté, le respect des femmes ; des valeurs nobles auxquelles on adhère ou pas, au vu des récentes polémiques avec appel au boycott du film par certains Américains qui pensaient y voir un gros film de beauf avec un héros qui en a dans le calbute. Raté ! C’est donc cela la bonne idée du film de George Miller, étonnante certes pour cette franchise. Mais au moins la surprise est là. Car à côté, malheureusement, le scénario est inepte, poussif au possible, suivant une route balisée, que dis-je, une autoroute qui va d’un point A… à un point A, et dans laquelle on est saturé de moteurs vrombissants, d’explosions en tout genre, sans qu’à aucun moment on ne se passionne vraiment pour cette demi-épopée westernienne. Un épisode pour rien, un retour prématuré de 30 ans, il fallait quand même le faire…

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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