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STILLWATER

Un film de Thomas McCarthy

Un thriller peu palpitant

Bill Baker vit et travaille en Oklahoma dans une entreprise de forage. Prenant le vol Atlanta Marseille, il vient rendre à nouveau visite à sa fille, accusée du meurtre de sa petite amie et colocataire. Celle-ci ayant toujours clamé son innocence, elle espère que le témoignage d’une jeune femme ayant croisé un certain Akim s’étant vanté du meurtre, va permettre de mener la police sur la piste de celui-ci et l’innocenter. Malheureusement, son avocate s’avérant incapable de faire rouvrir l’affaire, il va mener lui-même l’enquête…

Stillwater film movie

Présenté à Cannes hors compétition, puis en ouverture du Festival de Deauville, "Stillwater" est le nouveau long métrage signé Tom McCarthy ("The Station Agent", "The Visitor", "Spotlight"). Du coup, ici point de « Vigilante » aveugle à la sauce "Taken" derrière cette histoire de ce père désireux de voir sa fille libérée, et tentant de retrouver le potentiel coupable dans les banlieues de Marseille. Point de film de procès non plus, puisque celui-ci a déjà eu lieu, et que la fille (Abigail Breslin , la petite héroïne de "Little Miss Sunshine") est déjà derrière les barreaux depuis 5 ans, avec encore 4 autres à purger. Au lieu de cela, on a droit au portrait d’un homme désemparé, certes tenté par le passage à l’action mais peu conscient du risque encouru, et surtout confronté à une langue, un pays, et ses règles, qu’il ne comprend pas.

C’est Matt Damon qui interprète ce père digne, tellement peiné par le refus qui lui est opposé par la justice, qu’il décide de mentir à sa fille, afin de ne pas faucher l’espoir. Un peu trop monolithique, celui-ci a cependant du mal à générer l’empathie ou l’émotion, malgré l’isolement progressif qui le gagne, faute d’être aidé, hormis par une voisine avec laquelle il s’est lié d’amitié (Camille Cottin, en femme libre doublée d’une mère parfaitement crédible). Un personnage aux principes fort, témoin d’un racisme quotidien, que le scénario tente de démonter autant qu’il détournera au final un à un les clichés attendus sur chacun des personnages.

Malheureusement l’intrigue de "Stillwater" reste de bout en bout assez prévisible, offrant peu de réelles surprises. Seule la description des quartiers chauds de Marseille, de l’emprise des bandes et surtout de la prédominance de la loi du silence, s’avérera particulièrement réussie, amenant quelques tensions alors que Bill tentera d’interroger ceux qui pourraient connaître le fameux Akim. En bref, un thriller plus psychologique que tourné vers l’action, dont le casting international est plutôt réussi, mais qui manque un peu de rythme.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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