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TOMB RAIDER

Un film de Roar Uthaug

Tomb Raider, un retour en forme !

Lara Croft, 21 ans, refuse d’accepter la mort de son père qui est porté disparu depuis 7 ans. Une série d’indices laissés par ce dernier la mèneront à la découverte d’une île mystérieuse qui abrite la légende d’Himiko, une sorcière japonaise..

Avec cette version 2018 de "Tom Raider", Roar Uthaug parvient à nous tenir en haleine pendant presque deux heures de temps sans laisser place à l’ennui. D’un point de vue technique, la construction rythmique du film est certainement l’un de ses atouts majeurs, qualité dont le film catastrophe "The Wave", tourné en 2016 par le réalisateur norvégien faisait déjà preuve. Le spectacle est bel et bien au rendez-vous et nous ne tardons pas à entrer dans l’action. En effet, dès la première scène qui introduit Lara nous sommes immergés au cœur d’un combat de boxe-thaï qui nous laisse à peine le temps de souffler. Lara est alors loin de l’héroïne qu’elle deviendra par la suite.

Dans ce reboot, la suédoise Alicia Vikander parvient à nous emmener au-delà d’une image stéréotypée et teintée de fantasme qu’insuffle bien souvent la simple évocation du personnage de Lara Croft. Ici, Lara est plus aventurière que sexy, c’est une véritable guerrière. De caractère, elle est humaine et simple. Mais c'est aussi le coup de revers : le mythe de Lara Croft est alors atténué, réduit en quelque sorte à une « simple » aventurière en quête de vérité. Difficile cependant de s'affranchir du mythe Tomb Raider. Mais c'est une Lara qui a du caractère et de la persévérance qu'on nous présente. Alicia Vikander trouve une interprétation juste et physique. Lara Croft se révèle au fil du récit et le film s’avère être un véritable voyage initiatique pour l’héroïne. L’exploratrice qui sommeille au fond d’elle grandit au fur et à mesure que l’intrigue avance. Un schéma narratif classique certes, mais passons.

L’intrigue est menée efficacement. Et ce, même si certains dialogues ou personnages secondaires soient dénués de profondeur. C’est notamment le cas du père de Lara qui a plus de consistance dans les souvenirs de la jeune fille que lorsqu’elle le retrouve sur l’île, les enjeux dramatiques retombant alors un peu à plat et l’intérêt de base de l'intrigue perdant de son sens.

On notera aussi une volonté de coller aux deux jeux vidéos de chez Crystal Engine de par l'ambiance « sombre », forcément, mais aussi par l'histoire, bien que certains éléments aient été complètement remaniés (les fans seront prévenus). On peut regretter aussi la classification du film qui l'empêche d'être une vraie bonne adaptation en se privant des excès de violence de Lara et de ses ennemis. Mais ne boudons pas notre plaisir, car il est certain. Dans la longue tradition des adaptations de jeux vidéos au cinéma, ce nouveau "Tomb Raider" donne plutôt espoir quand à la manière dont les producteurs essayent dorénavant d'aborder le genre. "Warcraft" de Duncan Jones, "Assassin's Creed" de Justin Kurzel, même si ils ne sont pas exempts de défaut, il paraît bien loin le temps des "Dead Or Alive", "Doom" et "Lara « Angelina Jolie » Croft", qui prenaient leur sujet sans aucun respect du matériau de base. Nous sommes encore dans le perfectible c'est sûr, mais continuons d'y croire. "Tomb Raider" remplit donc finalement non sans peine les caractéristiques du film de divertissement attendu, certes un peu sage et grand public, mais permet de redorer le blason de son héroïne tout en l'inscrivant dans notre temps. Pari Réussi.

Germain BrévotEnvoyer un message au rédacteur

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