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THE STORY OF FILM : A NEW GENERATION

Un film de Mark Cousins
Avec

Une déclaration d’amour cinéphilique

Alors que la pandémie de Covid-19 a perturbé le fonctionnement des salles obscures, Mark Cousins nous propose un voyage subjectif à travers le cinéma du XXIe siècle…

Story of a Film: A New Generation film movie

Officiellement, c’est "Annette" de Léos Carax qui a ouvert l’édition 2021 du Festival de Cannes (le premier post-Covid). Mais en « pré-ouverture » (comme l’a qualifié Thierry Frémaux lui-même avant la projection), c’est "Story of a Film: A New Generation" qui a concrètement ouvert le bal quelques heures avant. Et quoi de mieux qu’un documentaire cinéphile et éclectique pour faire redémarrer les projecteurs sur la Croisette ?

Le réalisateur et critique de cinéma Mark Cousins avait déjà été l’auteur d’un film-somme en 2011, "Story of a Film: An Odyssey", divisé en 15 chapitres d’une heure chacun. Ce nouveau long métrage est donc une sorte de suite, inspirée par la frustration qu’ont ressenti les cinéphiles depuis le début de la pandémie de Covid-19 et par l’avidité qui a pu pousser ces gens-là (dont nous, chez Abus de Ciné) à nous nourrir de films autrement qu’en se rendant dans les salles. Après avoir exploré l’Histoire du 7e Art jusqu’au début du XXIe siècle, Cousins se demande donc ce que nous ont apporté les deux dernières décennies, répondant par la même occasion aux déclinistes et autres pessimistes qui ont déclaré que le cinéma courrait à sa mort ou que le numérique n’apportait que du mauvais.

Documentaire de cinéphile et pour cinéphiles, "Story of a Film: A New Generation" est donc une succulente balade sur grand écran, ouvertement subjective mais à l’enthousiasme communicatif, qui a le mérite de dynamiter les frontières, balayant la géographie du cinéma en ne laissant de côté ni les films populaires (de "Joker" à "Black Panther" en passant par "La Reine des neiges", "Spider-Man: A New Generation" ou "Mad Max: Fury Road") ni les œuvres plus élitistes voire expérimentales (comme "Cemetery of Splendour", "Holy Motors", "The Act of Killing" ou "Adieu au langage"), et s’autorisant de surprenants parallèles, y compris en replongeant de temps à autres dans une filmographie plus ancienne (convoquant par exemple "Le Mécano de la Générale", "Freaks", "Le Sang d’un poète" et plusieurs perles méconnues).

Ce tourbillon peut certes sembler un peu long (la dernière demi-heure est sans doute de trop et le commentaire est parfois soporifique) et ce montage risque en permanence de n’être qu’un catalogue indigeste. Mais il ouvre également l’appétit et aiguise la curiosité. Les cinéphiles ne sont évidemment jamais à court d’idées lorsqu’il s’agit de découvrir de nouveaux films, mais ce documentaire met franchement l’eau à la bouche, ouvrant d’innombrables pistes et horizons nouveaux à explorer (bonne nouvelle : la liste complète des œuvres citées est disponible sur le site officiel). Idéal pour une période de retrouvailles entes les salles et leurs aficionados !

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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