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TAI CHI

Un film de Stephen Fung

Du pur fun sur la forme

Lu Chan est un « freak ». Il est né avec une excroissance sur le front, sorte de petite corne, objet de moqueries lorsqu’il était petit, mais qui, si on frappe dessus, a la particularité de démultiplier sa colère et sa capacité à utiliser les techniques les plus percutantes du Kung Fu...

Sortie en DVD et Blu-ray le 03 juillet 2013

On ne peut pas dire que l’intrigue de "Tai Chi 0" soit particulièrement palpitante ou originale. Elle relate les efforts d’un garçon à part, cherchant à devenir l'apprenti d'un grand maître du Kung Fu. Rapidement, on comprend que celui-ci est doté d’un don particulier pour les arts martiaux, puisque sa différence (la petite corne qu’il a sur le front), lorsqu’elle est accidentellement frappée par un combattant adverse, le transforme complètement. À la manière d’un « Hulk », le voici donc qui se transforme, ses yeux devenant blancs, et qui se met à briser des lances à la main et à envoyer valdinguer d’un seul coup une dizaine d’hommes.

Relatant sa quête, ainsi que le sauvetage d’un village face aux dangers du progrès venu d'occident, le film de Stephen Fung est beaucoup plus intriguant sur la forme. En effet, les spectateurs seront surpris de bout en bout, par les choix de montage et les tentatives de mélange des genres. Le réalisateur nous présente d’abord progressivement les principaux personnages, à coup d’arrêts sur image et de commentaires écrits, puis il enchaîne sur un hallucinant générique animé, et même un passage façon film muet, avec textes écrits, allant même jusqu’à nous proposer à la fin... une véritable bande annonce du numéro 2, loin des simples « James Bond reviendra dans » de la saga bien connue.

Le metteur en scène crée ainsi une certaine incrédulité chez le spectateur occidental puisqu’il va jusqu’à accompagner les présentations des participants à son film de qualificatifs qu’on ne trouverait chez nous que dans les bandes annonces. Ainsi Andrew Lau est connu pour être le « réalisateur de la trilogie "Internal Affairs" », et l’un des acteurs est « champion olympique 2008 », quand un autre est carrément « champion du monde d’arts martiaux ». Tout cela s’adresse donc sans aucun doute à des fans du genre, mais a de quoi amuser le novice occidental. Pas sûr cependant que ce soit suffisant pour que le film, présenté au Festival de Venise 2012 en séance de minuit, trouve son chemin jusqu’aux salles françaises.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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