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SKYLINE

Le volet roulant de la peur

Après une soirée bien arrosée, des amis se réveillent dans le même appartement, les uns dans le lit, d'autres dans le canapé, ou jonchés sur le sol. Mais ce n'est pas le réveil ou le soleil qui les sort de leur torpeur, mais d'étranges lumières vives, tombées du ciel, qui lorsque l'un d'eux à le malheur de les regarder, l'attire irrésistiblement vers l'extérieur... ceci même au 20ème étage...

"Skyline" a bel et bien un goût de fin du monde. La fin du monde cinématographique ? Peut-être pas. La fin d'un suspens certainement. Ou plutôt son anéantissement. Car le scénario de cette série B américaine, au budget pourtant conséquent (en effets spéciaux tout au moins), nous entraîne résolument vers la perte de l'humanité, réduisant progressivement le nombre de survivants, se moquant de qui peut bien être la tête d'affiche (on est surpris par l'ordre de ceux qui se trouvent aspirés...), et préparant tout de même une potentielle suite – qui ne verra certainement jamais le jour...

Durant les premières minutes, l'on peut être plutôt intrigué par l'arrivée de ces lumières bleutées, venues du ciel, et l'inquiétude légitime qu'elles génèrent auprès des personnages. Puis, première mauvaise idée, nous voici face à un flash-back « 15 heures plus tôt », qui sert d'introduction des personnages. Le problème, et il est de taille, c'est qu'à la fin de ce flash-back, l'on n'a plus du tout envie de connaître ces gens, richards sans cervelles, qui passent leurs temps dans des fêtes plus ou moins orgiaques, et dont les « petits » problèmes nous dépassent (voir la grossesse non désirée de l'héroïne principale). Bref, on aurait plutôt envie de s'intéresser aux rares personnages secondaires, comme le malheureux et patient concierge. Mais pour lui, qui reviendra plus tard, comme pour les autres, le développement s'arrêtera là.

La traque commence alors, nos « héros » antipathiques s'installant alors dans une demi-fuite, étonnamment vide de substance, le suspense des trois quarts du film pouvant se résumer à un volet roulant, qui monte et descend (des fois on ne sait d'ailleurs pas très bien pourquoi...), nos amis étant cloîtrés dans l'appartement, puis dans un garage. Le film mange alors à tous les râteliers, avec force moyens, lorgnant tour à tour du coté de "Signes" ou "La Guerre des mondes" (avec la pathétique scène de camouflage derrière la table de la cuisine), ou encore "The Myst" (autre volet roulant !), avant de tenter de se racheter par une débauche de moyens une fois les personnages à l'extérieur. Les moyens sont ainsi beaucoup trop tournés vers la technique, les scénaristes ayant oubliés qu'ils traitent de personnages, réduits ici à l'état d'objets traqués, le plus incohérent étant la quasi absence d'autres survivants (invisibles en tous cas), à peine les aliens étant passés une fois à plusieurs kilomètres de là, ceci dans un immeuble qui doit pourtant bien compter 200 appartements, encore bondé la veille au soir. Bref, ce n'est pas avec ce film qu'Eric Balfour ("Six Feet Under" et "24 heures chrono") toujours aussi peu charismatique, et Donald Faison, tout droit sorti de l'hôpital déjanté de "Scrubs", réussiront à devenir des stars incontournables du grand écran.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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