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RUMBA

Un joyeux état d'esprit

Un couple de professeurs, elle d'anglais, lui de sport, sont victimes d'un accident de voiture alors qu'ils tentent d'éviter un homme en plein suicide. La femme s'en tire avec une jambe en moins et l'homme avec une mémoire un rien défaillante...

Les auteurs belges, très remarqués, de « L'iceberg », nous reviennent avec une nouvelle oeuvre décalée, mais un peu moins silencieuse. Habitué aux gags basés sur la gestuelle plus que la parole, ils donnent le ton dès les premières scènes, en introduisant leurs deux personnages principaux, couple de profs improbables, aussi loufoques qu'attachants. Ainsi, Fiona Gordon incarne une professeur d'anglais, qui se plaît à torturer joyeusement les gamins de sa classe en leur faisant réciter, autour d'un animal qu'elle a dessiné au tableau (le « dog »), des phrases du type « les chaussettes de l'archiduchesse... » de plus en plus complexes. Et Dominique Abel donne vie à un enseignant d'éducation physique des plus souple et dynamique.

Les deux anti-héros qu'ils se sont construits ont un univers entièrement centré sur les concours de rumba, qui s'avère d'une implacable cohérence, ce jusque dans la déco de leur chambre maritale (ah les tableaux au mur !). Gentillement, ils épinglent les habitudes du couple, dans leurs gestes quotidiens. Mais le film bascule dans un humour absurde encore plus réjouissant, après l'accident de voiture. Sans vergogne, les auteurs n'hésitent pas à se moquer du handicap grâce à des scènes souvent limites, mais toujours drôles. Ainsi, la femme termine avec une jambe en moins et a bien du mal à tenir en équilibre face à ses élèves. Et son mari, atteint de pertes de la mémoire instantanée, a lui des problèmes pour faire un peu tout... et notamment la cuisine!

Mais les deux compères sont capables aussi de la plus incongrue des poésie, avec notamment une scène de danse dans laquelle les ombres se meuvent indépendamment des personnages, ou un lancé de bouquet depuis des falaises de craie : simplement magnifique. Loin des comédies calibrées, Abel et Gordon confirment leur don pour un humour visuel et positif. De quoi égayer une semaine de la critique souvent portée sur des films bien plus sombres.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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