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LAST WORDS

Un film de Jonathan Nossiter

Un film qui mélange les thèmes… jusqu’à l’écœurement

Le 20 juin 2086, il ne reste plus qu’un seul être humain sur Terre. Il est africain. Désireux de raconter son histoire, il remonte deux ans plus tôt, alors qu’il était à Paris, caché dans une pièce secrète avec sa sœur, plus jeune et enceinte. Mais lorsque celle-ci se retrouve victime d’une bande d’enfants, il part pour Bologne, espérant découvrir le secret de ces « bandes de plastiques » chargées d’images dont elle s’était fait un bracelet…

Last Words film

Adaptation du roman "Mes derniers mots" de Santiago Amigorena, réalisateur de "Quelques jours en septembre" et scénariste notamment de l’excellent "Upside Down" de Juan Diego Solanas et de plusieurs films de Cédric Klapisch (dont "Peut-être", où Paris se retrouvait ensablé en 2070), "Last Words" nous plonge dans un monde futuriste dans lequel l’humanité a pratiquement disparu, entre avancée du désert, pollution des terres et tensions entre les quelques êtres qui survivent. Ne reste qu’un espoir, un étrange « appel » à se rendre à Athènes, en Grèce, où un possible futur, ensemble, pourrait voir le jour.

Sélectionné par le Festival de Cannes 2020, où il aurait sans doute figuré dans la section Un certain regard, passé par les Festivals de Deauville et Lumière 2020, "Last Words" intrigue initialement, avant de dérouter de plus en plus au fil d’un récit abscons et pompeux, qui mêle mémoire du cinéma et fin de l’humanité, entre traumas et souvenirs des uns et des autres. Empruntant à quelques pays certains de leurs meilleurs talents, de Nick Nolte pour les USA, à Alba Rohrwacher pour l’Italie, en passant par Charlotte Rampling pour la France ou Stellan Skarsgård pour la Suède, l’auteur de l’intimiste "Sunday", de "Signs and Wonders" et du documentaire "Mondovino" n’est certes pas dépaysé par ce casting international, mais s’égare entre mille sujets : fabrication artisanale de bandes de celluloïd, reconstitution d’une caméra, maladie, environnement, épuisement des ressources, fertilité, amour...

La question de l’extinction de notre espèce arrive certes à point nommé, entre réchauffement climatique et pandémie de Covid-19, mais l’imbrication permanente des enjeux personnels des personnages, souvent à peine exploités, et de considérations appuyées sur le cinéma comme art de vie, de partage et de mémoire, plombe toute percée d’émotion. Reste la désagréable impression de voir chacun des interprètes évoluer à sa guise, sans jamais vraiment interagir avec les autres, et la sensation désespérante de fausseté des moments de partage, comme lors des projections collectives improvisées, leurs rires laissant de glace, loin de générer la moindre émotion. On est presque content, après deux heures, lorsqu’enfin l’avant-dernier homme sur Terre est pris d’une toux indiquant qu’il va lui aussi s’éteindre. Ceci sûrement car la sortie de la salle nous paraît enfin proche...

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

Bande-annonce LAST WORDS de Jonathan Nossiter – en salle le 21 octobre 2020 from jour2fete on Vimeo.

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