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JEUX D'ENFANTS

Un film de Yann Samuell

Excessif sur tous les plans, sauf peut être celui du jeu des acteurs

Sophie et Julien se sont rencontré dans la cour de l'école, et ils vont grandir ensemble, après le décès de la mère du garçon. S'étant fixé enfants, les règles d'un jeu sans limite, ils se lancent alternativement des défis, sous forme de " cap ou pas cap ? ", qui les mèneront très loin, mais les empêcheront de se dire je t'aime…

Le premier film de Yann Samuell fait penser, par son côté très coloré, à Amélie Poulain, et par sa mise en scène imaginative et son récit espiègle, à Toto le héros. Cependant, les accélérations répétées du mouvement de caméra, les couleurs saturées et les situations hors de tout raisonnement sensé finissent par venir à bout de la patience du spectateur, qui, même s'il adhère à l'esprit romantique de la surenchère permanente entre les deux amis-amants, s'agace de ne voir qu'en eux de grands enfants, inconscients du mal qu'ils peuvent faire autour d'eux.

Car le discours lié au scénario est a double tranchant, et fait fi de toute responsabilité adulte, au nom de l'amour ou de la passion. Et la fin du récit, des plus bancales, livrant tout d'abord les amants à une fin plutôt bien vue et annoncée dès les premières secondes du film, se retourne ensuite de manière incompréhensible, et presque frustrante, en nous montrant deux personnes âgées en lesquels chacun est libre de voir les deux héros ou non. Une hésitation scénaristique inexcusable, qui enlève en définitive toute saveur (et toute crédibilité) au récit précédent, puisque niant par là même le caractère sadique et pervers du jeu entre des personnages devenus adultes, pourtant longuement mis en avant.

Heureusement, la fraîcheur des deux interprètes principaux (Guillaume Canet et Marion Cotillard) donne une vitalité au film, qui font que l'on ne s'ennuie pas. Leurs défis devenus vengeances avec l'âge, et s'éloignant en terme de fréquence, leur donnent l'occasion de briller, dans la douleur, comme dans la jubilation. Soulignons également la remarquable performance de Gérard Watkins, père de Julien, à la fois meurtri et révolté : Superbe.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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