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LA DEMOISELLE D'HONNEUR

Un film de Claude Chabrol

Un Chabrol peu crédible, et du même coup, peu angoissant

Alors que sa mère (Aurore Clément) connaît une nouvelle déception sentimentale, que sa plus jeune sœur fauche de l’argent, Philippe (Benoît Magimel) assiste au mariage de son autre sœur, et y fait la connaissance de Senta (Laura Smet), alors demoiselle d’honneur. Celle-ci lui voue d’emblée un amour passionné et excessif. Rapidement, elle lui demande de lui prouver son amour pour elle…

Alors que « La cérémonie », du même auteur (Ruth Rendell), est l'une des pièces maîtresses de l'œuvre empoisonnée de sieur Chabrol, chantre des travers petits bourgeois, sa « demoiselle d'honneur » pèche par excès statique et folie contenue. En cause peut être, la passivité presque maladive du personnage de Magimel, dont seul le regard traduit la progression dans l'abandon à cet amour improbable. Peut être aussi, à la performance un rien timorée, de Laura Smet (Les corps impatients), trop monocorde dans ses moments de mythomanie supposée, et surtout dans un final peu convaincant.

La peinture de la bourgeoisie de province, des petits arrangements avec l'argent ou le travail, est toujours efficace, et se double habilement de portraits loufoques, tels celui de la gamine, adolescente j'm'en foutiste et fumeuse, ou celui du beau frère ringard, maladroit et sexuellement excité. Mais, pour une fois, la moquerie semble presque facile, et trouve son paroxysme dans la scène du mariage, où les roses bleues en boutonnière donnent une idée du mauvais goût généralisé. Après cela, une réelle tension a bien du mal à s'installer, d'autant qu'il est difficile de prendre parti pour n'importe quel personnage, et surtout pas pour celui de Laura Smet, ce malgré son passé douloureux.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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