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BOULE ET BILL

Un film de

Pas si lointain de la BD

Alors que son père ne souhaite pas avoir d'animal à la maison, Boule se ligue avec sa mère pour entraîner celui-ci dans un chenil. Ils en reviennent avec un cocker roux, aussi sympathique que chaotique. Mais vient bientôt l'heure du déménagement pour la ville et la vie en appartement. Le père essaye alors de se débarrasser de Bill, sans succès...

On reconnaîtra à cette adaptation de l’œuvre créée par Jean Roba en 1959, le fait de rester fidèle à l'esprit de la bande dessinée d'origine, même si l'histoire concoctée par Charlot et Magnier constitue une sorte de préquelle contant l'adoption de Bill. S'adressant avant tout à un public d'enfants, le scénario adopte le point de vue du chien, dont les pensées nous sont données sous forme de voix-off (celle de Manu Payet). Du coup, les plus grands auront bien du mal à rester attentifs face à une histoire très linéaire, dont les enjeux restent basiques de bout en bout (Bill deviendra-t-il un membre à part entière de la famille ? La vie en appartement est-elle une situation définitive malgré ses nombreux inconvénients ?). Leur attention ne sera finalement que soudainement recadrée lors des apparitions du voisin du dessous, dépressif et mesquin (délicieux Nicolas Vaude), ou des scènes d'amour impossible entre Caroline la tortue et Bill le chien.

Très graphique dans la composition de certains plans, la mise en scène adopte aussi un passage du 4/3 au Scope, et un changement assumé de luminosité, pour signifier les moments où l'on plonge dans l'imagination de Boule, qui se prend régulièrement pour un cow-boy ou un héros. Sans sortir d'une certaine caricature des personnages, propre à la BD elle-même, le film revêt un certain charme dans sa représentation d'années 70 presque idylliques, où la campagne contrastait avec la ville, et où les gens étaient de bonne volonté. Servi par deux acteurs qui jouent avec une certaine mesure (Dubosc moins grimaçant qu'à l'ordinaire, et Marina Foïs excédée par sa situation de femme quasiment au foyer), « Boule et Bill » livre une peinture sympathiquement vieillotte d'une époque révolue, redevenue une aspiration.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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