Parce qu'on en a jamais assez !

ABSENT

Un film de Marco Berger

Pulsions adolescentes

Lors d'un cours de natation, Martin, 16 ans, se plaint d'avoir quelque chose coincé dans l’œil. Après quelques hésitations, son prof de sport, Sebastian, l'accompagne à l'hôpital, puis chez sa grand mère, chez qui il est sensé vivre. Comme il n'y a personne et que l'élève chez qui il était sensé dormir, a récupéré son sac et son téléphone portable, et que le jeune homme est incapable de se rappeler ou se situe la maison de son pote, le maître propose au garçon de passer la nuit chez lui, sur le canapé...

L'Argentine, était représentée, dans la section Forum du Festival de Berlin 2011, par "Absent", un thriller pesant et minimaliste, qui fut au final le grand gagnant des Teddy Awards (prix des meilleurs films gays, qui fêtaient leurs 25 ans). Cette histoire d'un jeune élève, qui ment à son professeur de sport, pour s'incruster chez lui une nuit, espérant que quelque chose se passe, cherche, par sa mise en scène proche des corps, à nous faire ressentir le trouble des personnages, du désir à peine réprimé de l'adolescent, jusqu'à la gêne et la colère d'un professeur qui ne veut pas comprendre le désir qu'il provoque.

Tourné à la manière d'un thriller intimiste, le film débute par une scène de visite médicale, composée d'une série de vues sur différentes parties du corps de l'adolescent. Accompagnée d'une musique oppressante (aux sonorités se rapprochant des "dents de la mer" ou de "psychose"), cette introduction est un modèle de plongée dans l'univers torturé d'un ado, prêt à presque tout pour arriver à ses fins. Même à risquer de compromettre cet homme qu'il admire et utilise, et dont les voisins se demandent bien vite ce qu'il se passe.

Naviguant entre frayeur d'un homme face à un secret potentiellement nuisible, à l'ombre d'une injustice qui plane autour de lui, d'autant qu'il est incapable de parler à sa petite amie (ou que celle-ci ne lui donne pas l'espace pour le faire, prétextant qu'il vaut mieux laisser les soucis du travail à l’extérieur du couple), et excuses un peu faciles du jeune homme, dont on ignore le dessein, le scénario tient son suspense de bout en bout. Il offre même un retournement de situation inattendu, ouvrant la porte aux remords et à la culpabilité. "Absent" est donc un film à part, austère et déroutant.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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