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INTERVIEW

MON PETIT DOIGT M’A DIT

Journaliste :
Y-a-t-il beaucoup de différences entre le roman et le film ?

André Dussollier :
Il a raccourci le récit, heureusement, car le film faisait 250 pages et on se perdait un peu dans l’intrigue.

Pascal Thomas :
Agatha Christie multipliait les fausses piste…

© Patrice RICOTTA

Journaliste :
Y-a-t-il beaucoup de différences entre le roman et le film ?

André Dussollier :
Il a raccourci le récit, heureusement, car le film faisait 250 pages et on se perdait un peu dans l’intrigue.

Pascal Thomas :
Agatha Christie multipliait les fausses pistes, ce qui obscurcit la compréhension globale. Il a fallut sortir une ligne claire de tout cela, laisser entrer la vie dans le scénario.

Journaliste :
Pourquoi un tournage dans la Région ?

Pascal Thomas :
Parce que dans le livre les paysages et les visages d’Ecosse étaient aimables, et cachaient des choses horribles. La Haute Savoie semblait convenir à cet état de fait. J’aime les films où les spectateurs peuvent identifier les lieux. Pour les scènes en ville, Lyon était dans la logique de proximité. Mais nous l’avions aussi choisie car initialement l’un des personnages était fils de marionnettiste. Il est finalement devenu un peintre de fresque dans son propre bistrot.

Journaliste :
Pourquoi cette envie de passer à la comédie policière ?

Pascal Thomas :
Cela est venu très naturellement, ce passage de la comédie de mœurs à la comédie de meurtre. Il suffit de mal prononcer. Mes envies sont multiples et diverses, qu’il s’agisse de situations ou de caractères… ce projet d’adapter Agatha Christie m’est venu dans les années 80, mais je ne l’avais pas concrétisé à l’époque.

François Caviglioli :
Le fantastique a été rajouté pour mettre en lumière les démons de l’auteur, qui était un peu tordue, voire perverse. Il en a été de même avec les enfants, qui étaient à peine évoqués dans le livre.

Pascal Thomas :
Il fallait également évacuer l’image du détective, qui n’existe pas en France, d’où la curiosité maladive de Prudence, concernant laquelle on en a rajouté un maximum, pour lui donner des motifs de quitter la maison, en solitaire, guidée par son instinct. Le couple que nous avons créé est tellement fusionnel, qu’il « semble débarrassé de toute névrose ».

Journaliste :
D’où vient cette volonté de dimension intemporelle ?

Pascal Thomas :
Nous avons en effet voulu éviter tout réalisme, à la fois dans les vêtements et le chois des lieux, comme l’hôpital psychiatrique. Ma mise en scène reste du même coup assez classique, car pour moi un plan doit exprimer quelque chose, et plus on est classique, plus on peut se permettre des délires et des fantaisies, comme le coup de la jambe dans le train.

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur

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