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Un film d'horreur indien picturalement fascinant

Une femme et ses deux enfants gardent une sorcière enfermée dans leur cave et doivent la nourrir chaque jour, si possible sans la réveiller. Celle-ci semble connaître l'emplacement d'un trésor qui fascine l'aîné...

Il y a quelque chose de fascinant dans le film indien qui fit cette année l'ouverture de la Semaine de la critique vénitienne. Débutant en 1918, cette sombre histoire de malédiction familiale, de Dieux maudits et de cupidité, fait la Part belle a des ambiances lugubres des plus marquantes. Des pluies diluviennes (manifestations de la colère de l'enfant Dieu) aux paysages ventés ou vestiges de temples en ruines, le récit se nimbe rapidement de mystère, ménageant une découverte progressive de la sorcière elle même, puis de l'emplacement du fameux trésor.

Les parties chapitrées, espacées d'une dizaine ou quinzaine d'années chacune, permettent de voir vieillir le personnage principal, enfant au début, adulte vieillissant à la fin, et de mesurer l'ampleur de la malédiction centrée autour du trésor tout comme de sa propre évolution (de la cupidité inconsciente vers la responsabilité). Les fans de films d'horreur et de légendes anciennes se réjouiront de décors angoissants et de passages gores à souhait. Quant aux cinéphiles, ils apprécieront la manière qu'ont Rahi Anil Barve et Adesh Prasad de filmer au raz du sol ou de différents éléments de décors, rendant certains paysages surréalistes, ou d'appréhender certains lieux sombres ou étroits, distillant ainsi la peur à merveille. Une jolie découverte.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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