Banniere-Berlinale-2019

TRIPLE AGENT

Un film de Eric Rohmer

Trop bavard

Fiodor est un général de l'armée russe réfugié en France. Vivant avec sa femme Arsinoé, il sympathise avec les nouveaux voisins communistes et aime à provoquer des discussions politiques enflammées et à prédire les évolutions à venir en lien avec le Front populaire qui vient d'arriver au pouvoir ou avec le début de la guerre d'Espagne...

L'excès de mots et de verbe est le propre des films d'Eric Rohmer, où l'on disserte de la vie, de l'amour et ici, de la politique. Le personnage de Fiodor, dont les provocations verbales et idéologiques amusées font autant leur effet en société que sur le spectateur, finit rapidement par agacer sa femme, tout comme le spectateur. Son espèce de paternalisme, matinée d'un machisme et d'un contentement insupportables n'arrivent cependant pas à en faire un homme antipathique. Et c'est là la réussite du scénario : arriver à faire passer un intellectuel politisé pour une sorte d'espion soumis à diverses influences des plus troubles.

On ne comprend à vrai dire pas grand chose des intérêts de cet homme, ou même de sa réelle position par rapport aux faits de société. Seuls ses rapports avec une femme d'abord soumise, puis humiliée de ne pas être dans le secret, finissent par attirer l'attention. Le choix d'entrecouper les scènes par des images d'archives des informations filmées est assez troublant, recadrant en permanence les agissements et discours du personnage par rapport à un contexte en pleine ébullition. Difficile malheureusement de tout saisir.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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