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SUPERASTICOT

Amitié, entraide et adaptation

Un petit oiseau qui réjouit tous les animaux autour d’une mare en chantant, une coccinelle prisonnière d’une boîte d’allumettes qui cherche à s’échapper, un garçon dans la jungle, un ver de terre adepte de sports de combat qui vient en aide aux autres…

Superasticot film animation animated feature movie

Voici donc un recueil de quatre courts métrages d’animation, dont le dernier donne son titre à l’ensemble. La plupart sont centrés sur la thématique de l’entraide et mettent en scène des animaux, mais chacun a dispose d'une identité graphique bien à lui, utilisant une méthode animation différente. Le recueil s’ouvre avec "Bémol" (Suisse, 6 mn), entièrement animé numériquement, les traits épais et réguliers et les à-plats de couleurs caractérisant les animaux qui peuplent une mare et la forêt alentour (oies, écureuils, grenouilles, oiseaux, ours…), et des superpositions venant créer quelques nuances. Parmi eux, un petit oiseau jaune sifflote en rythme, donnant du baume au cœur à tout ce petit monde, mais tombe malade lorsqu’il est surpris par l’orage. L’occasion pour tout ce petit monde de se mobiliser pour réchauffer celui-ci.

S’en suit "Madame Coccinelle" (Russie, 4 mn), film en animation traditionnelle aux crayons de couleurs, avec pour dominantes des teintes bleues et grises (à l’exception du rouge de l’héroïne bien entendu). Une voix-off de jeune garçon raconte l’histoire de cet insecte, capturé au début par une main humaine, alors qu’il tente de s’échapper de plusieurs « prisons » successives, de plus en plus vastes. Le thème de l’entraide s’efface ici face à celui de liberté, les couleurs revenant lorsque le monde extérieur s’ouvre enfin au personnage. Troisième segment, "Un paradis..." (Hongrie, 4 mn) est accompagné d’une chanson tribale aux arrangements modernes. Basé sur la mythologie Guarani, il propose une exploration de la jungle dans laquelle un garçon sauvage croise une multitudes d’animaux.

Réalisé en papier découpé, collé et par moments plié pour donner du mouvement, allié ponctuellement à des fils (les cheveux du garçon...) ou de la moquette (l’herbe...), le film privilégie les gros plans, donnant à voir nombre de détails tels des écailles, des feuilles, des plumes... Une immersion poétique et qui évoque l’adaptation du garçon au milieu sauvage, vers une vie en harmonie avec les animaux, au départ supposés dangereux pour certains. Le recueil se termine avec "Superasticot" (Grande Bretagne, 26 mn), nouvelle production de Magic Light Pictures ("Monsieur Bout de bois", "Le Gruffalo", "La Sorcière dans les airs"...), avec un traitement en images de synthèses assez caractéristique de leurs films.

Dans cette adaptation du livre illustré de Julia Donaldson et Axel Scheffler, paru en France en 2012, on découvre un asticot et une chenille qui sont amis, s’entraînant ensemble à divers sports. Mais leur amitié sera mise à rude épreuve une fois l’un transformé en papillon, le second devenant célèbre grâce à ses exploits basés sur l’élasticité de son corps, dont les animaux des environs profitent déjà au quotidien (comme balançoire, hoola hop, corde à sauter...). Heureusement c’est bientôt lui qui aura besoin d’aide. La bouille de l’asticot et ses morceaux de bravoure auront de quoi amuser même les plus petits, les méchants (un corbeau et son maître, un lézard magicien) sauront faire peur juste ce qu’il faut, quand a la voix-off féminine et aux dialogues, tous deux en vers, ils confèrent au conte une dimension hors du temps parfaitement à propos. Une nouvelle réussite pour le studio Blue Zoo Productions, auquel on doit déjà "Pip and Posy" et "The Adventures of Paddington".

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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