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STREETDANCE 2

Un film de Max Giwa et Dania Pasquini

Mêmes ingrédients, plus d'épices mais moins de saveur

À trop vouloir en faire, Ash, alors simple vendeur de pop-corn dans une salle de spectacles, a tout perdu en tentant de défier le plus grand des champions de Street Dance. Pour retrouver son honneur, avec l'aide d'un jeune manager prénommé Eddie qui l'a remarqué, il décide de monter une équipe composée des meilleurs performeurs d'Europe…

À la vision du second épisode de « Street Dance », dont on avait pourtant apprécié le dynamisme du premier volet, on a une curieuse sensation de déjà-vu. Il faut dire que les scénaristes se sont visiblement contentés de remplacer leur personnage principal féminin par un garçon, l'affublant globalement des mêmes enjeux : désir de se venger et de prouver au monde sa valeur (face à un copain lâcheur dans le premier, face à une équipe qui se la pète trop dans le second) et du coup participer à un « battle » de renom... Ici seule l'échelle a changé puisqu'elle est devenue européenne. Même le mariage des musiques et des styles constitue à nouveau le cœur du défi en matière de performance, la danse classique ayant cédé ici sa place à la musique latino. Du coup vous ne serez pas surpris si une histoire d'amour naissant se profile à l'horizon...

Bref, le film apparaît malheureusement comme l'application simplifiée d'une recette toute faite, le tout se limitant cette fois-ci à son unique intrigue principale. Exit le véritable apprentissage et la réelle confrontation entre les deux types de danses. La première se limite à un tête-à-tête sensuel entre les deux héros et la seconde à une soirée dans un bar. Exit aussi Charlotte Rampling en professeur, puisqu'il n'est plus question ici de la moindre école ! Au lieu de cela les directeurs de casting ont préféré employer de vrais champions internationaux de Hip Hop ou Breakdance (dont le Français Lilou, originaire de Vaulx-en-Velin, que vous aurez sûrement reconnu grâce à la pub Red Bull) mais qui ne sont pas des acteurs.

Impossible alors de développer de véritables personnages secondaires, ceux-ci formant au final une troupe trop hétérogène pour être vraisemblable... ceci malgré leurs prouesses de souplesse indéniables. Et l'ensemble du film est un peu à leur image : une succession de scènes individualisées, qui se regardent sans déplaisir mais sans passion. Il en va de même de la 3D, atout important du premier film, dont l'exploitation est ici bien moins inventive. Reste le charme indéniable des deux acteurs principaux (Falk Hentschel et Sofia Boutella) qui irradient l'écran de leurs sourires, en coin pour lui, ou timide pour elle. Doté d'un incroyable talent pour la danse, ils s'avèrent des plus agréables à regarder, pour leur plastique comme pour leurs prouesses...

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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