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ROMEOS

Un film de Sabine Bernardi

Un film sensuel qui n'évite pas les clichés

Un jeune transsexuel (qui se fait appeler Lukas), se fait régulièrement des piqûres de testostérone, et rêve de se voir enlevés les seins. En attendant, son apparence ayant changé, et son nom également, mais l'administration ne reconnaissant pas encore son changement de genre, il se trouve paradoxalement accepté dans le pensionnat filles du service civil allemand. Lukas y retrouve l'une de ses meilleures amies, la seule à être au courant et fait bientôt connaissance avec Fabio, un bellâtre qui aime à jouer de son pouvoir de séduction...

Découvert dans la section Panorama du Festival de Berlin 2011, "Romeos" est un film gay allemand, reparti bredouille des Teddy awards. Comme beaucoup de films militants, il pèche par excès de démonstration (les témoignages internet des difficultés rencontrées par les semblables de Lukas, l'engueulade dans l'ascenseur, le message « keep fighting » d'une amie...). Le summum est d'ailleurs certainement atteint en terme de sur-signifiance, lors de la chanson de la travestie. Il défend en tout cas l'idée que la transexualité est une chose complètement séparée du fait d'être homosexuel ou hétérosexuel.

Incapable de sortir réellement de son aspect journal intime, le film accumule les clichés, de la blonde pétasse façon Paris Hilton, aux plans de liberté dans les dunes, en passant par la représentation du milieu gay. Étrangement pour une fois, les scènes en boîte de nuit (stroboscopes et lumières blanches à l'appui) n'ont rien de joyeux ni d'érotique. Cependant, le film transpire littéralement de sensualité, l'acteur interprétant Fabio, bombe sexuelle ayant le diable au corps, étant remarquablement mis en valeur par la mise en scène au raz des corps (et des nuques) pourtant due à une réalisatrice (et non à un réalisateur homosexuel qui projeterai sur lui ses fantasmnes).

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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