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ROCKY BALBOA

Un film de Sylvester Stallone

Le vieux n'est pas mort

Après la mort de sa femme, Rocky Balboa se contente d’être l’heureux propriétaire d’un restaurant où il passe ses soirées à raconter ses exploits passés de champion de boxe…

Reprenant les rennes de saga qu'il avait lui-même initié il y a plus de trente ans, Sylvester Stallone réalise ce sixième épisode de Rocky, comme il l'avait fait pour le premier, qui lui avait d'ailleurs valu l'Oscar du meilleur film. Point d'impitoyable volonté de succès cette fois-ci, mais plus une envie de montrer que le vieux, n'est toujours pas mort, et qu'il est encore capable de quelque chose. Pari réussi, puisque "Rocky Balboa" est un succès outre Atlantique. Peut-être simplement parce que le film respire l'honnêteté.

Celui-ci est en effet un beau conte sur la vieillesse. Partant d'un personnage qui vit dans le souvenir, Stallone entâme une jolie peinture d'une certaine gloire passée. Son personnage fait preuve de bonté, il a su s'entourer d'amis et ne pas oublier ceux qui l'on épaulé ou parfois affronté, ceux grâce à qui il est devenu quelqu'un. Son film traite de la volonté de continuer à avoir de la valeur. Mais il aborde également bien d'autres thèmes comme l'ombre du père, et s'avère une critique assez vive de l'arrivisme, du gagner pour gagner, et du mépris du travail des autres.

Malgré quelques couplets un peu faciles sur le fait de s'affirmer et sur la lâcheté, il dessine une efficace image de ce bon vieux rêve américain. Et si la fin semble un peu bâclée, on retiendra la bonne idée de ne pas faire dans le "happy end". Un certain suspense subsiste ainsi jusqu'au bout, tout pouvant finalement arriver. Et le personnage de Stallone y est pour quelque chose. Etrangement touchant, il est profondément crédible, le scénario laissant judicieusement de côté la potentielle histoire d'amour qui se profilait à l'horizon. La sagesse n'est donc pas loin, laissant peu de place à la boxe, cantonnée aux quinze dernières minutes d'un film étendard d'une vieillesse affirmée comme un atout plus qu'une défaite assurée.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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