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ROCKETMAN

Un film de Dexter Fletcher

Un biopic musical inégal

Se présentant à un groupe de thérapie habillé en diable ailé, avec des lunettes en forme de cœurs, le chanteur Elton John admet être alcoolique, drogué et accroc au sexe. Il revient sur son histoire, depuis l’âge de 5 ans…

Rocketman film image

Alors que tous les spectateurs ont encore en mémoire "Bohemian Rhapsody", le carton de l'automne dernier retraçant la carrière du groupe Queen et dressant au passage le Portrait de Freddie Mercury, voici que débarque, en passant par Cannes, le biopic d'une partie de la vie d'Elton John, intitulé "Rocketman". Et si le premier s'intéressait avec précision à la création musicale, dressant en toile de fond un portrait minimal de la vie privée de l'artiste (gay), c'est ici cette dernière qui est au centre du film, la musique étant reliée par le biais de certaines chansons à l'état d'esprit du chanteur.

Du coup l'irruption rapide de scènes de comédie musicale, chorégraphiées, dès l'évocation de l'enfance du chanteur, le gamin s'imaginant alors ses spectacles mais subissant aussi le mépris de son père, n'est pas étonnante. Certains éléments sont plutôt bien rendus, au travers de montages de titres de journaux ou magazines, soulignant l'excentricité de ses tenues, ou la scène au piano tournant permettant de montrer justement la variété celles-ci. D'autres sont plutôt ratées comme le passage fantasque sur "Rocketman" épouvantablement mal synchronisé.

Alors bien entendu, si le discours de fond sur le sentiment des parents effrayés par la vie de solitude qui attend potentiellement leur enfant homo est plutôt juste, tout comme le rapide résumé, tout en ellipses, de sa relation avec une femme, l'émotion n'est pas absente du métrage. Si elle reste un peu facile, à la simple évocation de chansons comme "Sorry seems to be the hardest word" ou "I'm still standing", c'est avant tout à la performance incroyable de Taron Egerton ("Kings men", "Eddie the eagle"), encore une fois méconnaissable, qui se donne tout entier dans ce rôle, qu’on la doit.

Il n'en reste pas moins qu'on ressent un certain malaise sur le fin du métrage, cet hommage étant réalisé du vivant de la star et donc forcément avec son plein agrément, réduisant ainsi toute distance critique autre que celle de l'artiste envers lui-même. S'il ne rencontrera certainement pas le même succès que "Bohemian Rhapsody", le film devrait sans doute trouver son public, sans se limiter aux uniques fans, ceci grâce à son peps, et à son discours ouvert sur la différence et la capacité à pardonner et avancer.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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