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BOHEMIAN RHAPSODY

Un film de Bryan Singer

CONTRE : Niveau 0 - Queen Mercury

Avant de jouer devant des centaines de milliers de spectateurs comme lors du Live Aid de 1985, le groupe Queen a connu une destinée hors du commun, de sa fondation avec son fantasque chanteur Freddie Mercury, à des succès planétaires, en passant par des expérimentations qui ne plaisaient pas à tous les producteurs ni à la presse, mais ont emporté l’adhésion du public et marqué l’histoire de la musique...

"Bohemian Rhapsody" brosse en un peu plus de deux heures, quinze ans de la carrière de l’emblématique groupe de rock Queen et de leur leader Freddie Mercury. Avouons que la tâche n’est pas aisée. Mais plus qu’une histoire du groupe c’est avant tout celle de Freddie Mercury qui est mise en avant et sert de véritable fil conducteur. Cependant, à vouloir traiter autant de temps, le risque est de survoler le sujet. Ainsi l’ensemble reste bloqué dans la norme du biopic en ne rentrant que rarement dans le détail et la construction des personnages. On se contente de rester en surface de Freddie Mercury et tout semble balisé (avec les poncifs usuels). Le tout est là pour renforcer un mythe Mercury beaucoup trop lisse, le film ne sondant que rarement les zones d’ombres du chanteur. De plus sa créativité est mise uniquement en avant lors d’un long passage consacré à la création et à la sortie de leur titre : Bohemian Rhapsody. Pour le reste des chansons, il faudra repasser, même si sont rapidement évoquées les créations de We Will rock you et Another one bites the dust.

En terminant par la participation de Queen au concert Live Aid, moment de bravoure ultime (le seul du film), qui montre la communion d’un groupe mais surtout d’un homme, d’un showman, avec son public, on est dans du quasi fan service, en nous projetant au cœur de la scène pour l’un des concerts les plus mythique de l’Histoire.

Côté casting, Rami Malek pousse la ressemblance physique avec Freddie Mercury assez loin (comme le casting pour les autres membres du groupe) et si l’interprétation s’avère plutôt bonne, il n’en est pas de même du scénario ou de la mise en scène. La réalisation n’emporte jamais le morceau si ce n’est à de rares occasions comme lors du final. Il faut rappeler que Bryan Singer a été évincé de la réalisation et remplacé par Dexter Fletcher à la fin du tournage (Bryan Singer reste crédité au générique en tant que réalisateur). Mais cet incident ne saurait constituer une excuse pour expliquer une mise en scène sans imagination pendant une grande partie du long-métrage. Quant aux scènes de concerts, si le montage de leur tournée aux États-Unis est bâclé, le final à Wembley pour le Live Aid sauve de justesse les meubles. La B.O. nous donne des frissons en offrant un véritable best of des titres les plus emblématiques de Queen (certaines musiques sont sous-titrées, les plus connues uniquement, ce qui est un choix curieux). Mais on a malheureusement, l’impression d’avoir vu ce film des dizaines de fois. Il manque au long-métrage cette âme pour nous transporter ailleurs, une chose que possède leur musique.

Finalement "Bohemian Rhapsody" nous emporte plus par sa formidable B.O (sauf à détester la musique de Queen) que par ses images et son scénario. Mais il renforce l’icônisation de Freddie Mercury et ravira les fans du groupe.

Kevin GueydanEnvoyer un message au rédacteur

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