Parce qu'on en a jamais assez !

PANIQUE TOUS COURTS

Avec

Rythmé et réjouissant

Quatre nouveaux épisodes de Cheval, Cow-Boy et Indien, impliquant les fermiers voisins et tous les animaux de la ferme...

"Panique au village", film d'animation tourné en stop-motion (image par image) avec pour personnages des figurines de jeux pour enfants, avait fait sensation à la Quinzaine des réalisateurs en 2009, pour son histoire farfelue, son rythme effréné et son doublage second degré. Depuis, les créateurs de ces personnages hors normes (un cheval parlant un rien autoritaire, un cow-boy et un indien agissant comme des gamins, un ferme bougon et sa femme...) ont poursuivi la collection du même nom, avec un certain nombre de courts-métrages, dont quatre sont rassemblés ici pour notre plus grand plaisir.

Le recueil s'ouvre avec "Le Bruit du Gris" qui se déroule en huis-clos dans une seule pièce, au départ faite de mur gris, avec un escalier et une balustrade. Basé sur un comique de répétition, ce petit film, certainement le plus simple des quatre, raconte les différentes tentatives des trois larrons pour faire la fête (jouer du piano, taper à la machine, faire des graffitis, danser...) à chaque fois interrompues par un voisin mécontent du bruit. Amusant, d'autant plus que le voisin... est justement (belle parabole) gris, comme les murs.

"Laurent, le neveu de Cheval" enchaîne avec l'arrivée du neveu, tout petit et tout blanc (symbole certainement de son apparente innocence), qui va enchaîner les bêtises, souvent volontaires (mettre le feu à la paille, lancer des boules de papiers...) et causer bien des soucis à Cow-Boy et Indien. Le film vaut à la fois pour son comique de répétition (les deux babysitters finissent régulièrement encastrés dans un mur) et pour l'incongruité des actions de Cheval, qui ici on ne sait trop pourquoi, fait du Skateboard ou passe l'aspirateur.

S'en suit "Jeannine et Steven en vacances", où l'on peut particulièrement admirer l'ampleur technique de l'animation, depuis les décors en relief, avec sapins en 2D, peints, jusqu'aux manières de faire changer de position les figurines ou de suggérer leur mouvement permanent (mouvement de balance du socle pour les humains, socle plus ou moins épais sous les sabots pour le cheval...). Un petit film très amusant où les animaux prennent le pouvoir, alors que le fermier et sa femme se gâchent eux-même leur voyage en étant en permanence inquiets. Joliment absurde.

Le recueil se termine avec le meilleur des quatre courts métrages, "La rentrée des classes", gros délire dans lequel Cow-Boy et Indiens se préparent pour partir en croisière et découvre avec horreur qu'ils doivent aller à l'école. Entre leur idée saugrenue pour se faire la malle (ils font une photocopie d'eux-mêmes en 2D), le voyage dans un bus qui s'ouvre sur toute la longueur pour laisser monter ses passagers, un étrange cours de biologie et l'ahurissante histoire du calcul de la distance de la terre à la lune, le film est un délice d'invention et de drôlerie. A déguster sans modération.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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