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LES NEIGES DU KILIMANDJARO

Retour à Marseille

Michel, syndicaliste, se voit contraint d'organiser un tirage au sort pour désigner les ouvriers des chantiers navals marseillais qui seront les 20 prochains renvoyés. Fatigué, il se tire au sort lui-même. Mais ce geste ne calmera pas les esprits agités de certains licenciés. Parmis eux, Christophe, jeune homme qui a du mal à boucler ses fins de mois, et va commettre l'irréparable...

Après quelques tentatives plus ou moins réussies dans les genres du film policier (« Lady Jane »), historique (« L'armée du crime ») ou politique (« Le promeneur du Champs de Mars »), Robert Guédiguian revient à son registre favori, le film social. Comme une escale récurrente dans son parcours (« Dernier été » en 1981, « Marius et Jeannette » en 1997, « Marie Jo et ses deux amours » en 2002), il revient à Marseille pour parler des petites gens, des ouvriers, du quotidien de son quartier (l'Estaque), ses comédiens et personnages vieillissant avec lui.

« Les neiges du Kilimandjaro » est à la fois une histoire d'amour qui dure, de bonté et d'ébranlement de la foi en une justice sociale. Ainsi le couple Darroussin / Ascaride, toujours aussi crédible, fête ses 30 ans de vie commune, dans une scène (un rien longuette) de barbecue collectif, plus vrai que nature. Inspiré du poème « Les pauvres gens » de Victor Hugo, le film en adopte la générosité finale, le scénario se concentrant plutôt sur la compréhension du geste de Christophe (Grégoire Leprince Ringuet) que sur les velléités de vengeance de ceux qui refusent de comprendre et en restent au stade viscéral.

Les deux personnages principaux, ébranlés dans leurs certitudes, vont eux avoir le cheminement intellectuel et émotionnel, confirmant qu'il est plus humain d'examiner la situation de chacun, au cas par cas, plutôt que de laisser le hasard choisir. Nourri de détails quotidiens « Les neiges du Kilimandjaro » (du titre de la chanson de Pascal Danel, tant prisée par le couple phare) s'avère une peinture sociale vivante et touchante, qui montre une jeunesse aux conditions de vie plus précaires que celles de leurs aînés, entre tentation du renfermement et révolte individuelle. Centrée sur le port de Marseille, elle garde cependant pour fond, l'espoir et la luminosité, à l'image de la jolie scène de fin, sur la plage.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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