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MOI, OLGA

Beauté picturale pour portrait inégal

Dans la Tchécoslovaquie des années 1970, la jeune Olga se découvre homosexuelle. Toute sa jeunesse, elle sera persécutée par les autres, au point de développer un désir de vengeance...

Présenté en ouverture de la section Panorama du Festival de Berlin 2016, "Moi, Olga" est un film des plus pessimistes. Basé sur une histoire vraie, il dresse le portrait d'une jeune fille se sentant persécutée par son entourage et le monde entier, et qui se met progressivement à envisager un acte de vengeance qui pourrait marquer les esprits. Si le personnage est d'ailleurs condamné ici, ce n'est pas par la manière dont il est caractérisé dans le scénario mais par son propre avocat qui pointe en lui la contradiction entre la revendication d'être reconnue comme une victime et le fait de se prendre pour Dieu.

L'homosexualité de la jeune femme n'est pas forcément une donnée de départ, sa volonté de se faire remarquer et son sentiment de solitude comme de persécution étant quant à eux posés comme une donnée de base. Et on ressort du film en se demandant où est la limite entre réalité et fiction, entre humanité et folie. De ce point de vue-là, la jeune actrice, Michalina Olszanska, excelle dans son rôle. Ne souriant jamais, l'air dur, le regard sombre, elle fait passer à chaque instant la noirceur de l'âme de cette demoiselle prête avant tout à affronter le monde pour échapper à un environnement familial violent et hypocrite.

"Moi, Olga" raconte sa sordide histoire, faite d'expérimentations, de rencontres et de déceptions, de contacts et d'exclusion parfois auto-provoquée. Montrant ce que la société communiste de l'époque attendait de chacun en termes de comportement, à la fois lisse et docile, le film reste cependant un objet austère à la voix-off entêtante, malgré le sublime noir et blanc et le sens du cadre indéniable des deux metteurs en scène.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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