Banniere-Berlinale-2019

MARY SHELLEY

Illustratif

Contre l’avis de ses parents, en 1814, Mary Wollstonecraft Godwin entame une relation avec le poète Percy Shelley, libertin encore marié. Elle s’enfuit avec et s’enfuit avec lui. Elle a 16 ans et s’enfuit avec lui, accompagnée de sa sœur, Claire. Elle parvient à surmonter humiliations et misère, mais sa vision idyllique du couple va lui valoir bien des déceptions...

"Mary Shelley", signé de la réalisatrice de "Wadjda", s’avère être un biopic, à la fois conventionnel dans la forme, linéaire et très illustrative, et peu inspiré sur le fond. Traitant en superficie de l’émancipation de la femme, de l’évolution des mœurs, comme de l’aspiration à l’écriture, le film se laisse regarder sans déplaisir, grâce à une troupe d’interprètes efficaces, peinant tout de même à incarner la soif de vivre.

Évoquant la genèse de l’ouvre phare de la future écrivaine ("Frankenstein") au travers de différents moments clés et de la succession de déceptions qui lui feront ressentir une immense solitude, le film parvient au moins à transmettre la gêne et la frustration de son héroïne. Elle Fanning ("Somewhere", "The Neon Demon", "Les Proies") excelle d’ailleurs dans ce registre, mêlant naïveté blessée et fierté d’apparat. Reste que la rencontre avec Lord Bayron ou les frasques du mari, entre suggestion et classicisme du décorum ne sont pas des plus passionnantes, et qu’on aurait apprécié un peu plus de véritable souffre.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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