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THE LOOKOUT

Un film de Scott Frank

Jolie ambiance

Lors d’une virée avec sa petite amie et un couple d’amis, Chris Pratt commet l’imprudence de rouler tous feux éteins, ceci pour montrer les nuées de lucioles qui s’ébattent dans les airs. Le hasard veut qu’une moissonneuse lui barre la route, provoquant la mort du couple et blessures pour les autres. Atteint d’une perte de la mémoire instantanée, il est devenu quelques années plus tard, homme de ménage dans une banque…

D’autres s’étaient déjà essayés au récit policier autour d’un homme à la mémoire instantanée défaillante. Souvenez vous du brillant « Memento » de Christopher Nolan. Les bases de « The lookout » sont finalement assez proche, le malade se faisant lui aussi manipuler, ici par un soi-disant ex petit ami de sa sœur, désireux de cambrioler la banque dans laquelle travaille notre héros. Mais la forme n’a rien à voir avec le film de Nolan, qui était entièrement monté à l’envers.

Ici, c’est à une ambiance à la limite du surréalisme que nous convie Scott Frank, s’attardant sur son personnage principal, au rythme de vie calculé, minuté, juste parfois bousculé par des accès de colère irrépressibles lorsque la machine se grippe et qu’il prend conscience de son handicap. Provoquant quelques coups d’accélérateurs, le réalisateur plonge ainsi l’excellent Joseph Gordon Levitt (« Brick ») dans un thriller nonchalant, aux relents rétros. Face au jeune acteur, on retrouve avec plaisir Jeff Daniels, en frère aveugle et sage, facteur d’un équilibre que le héros va devoir trouver pour se sortir d’une improbable mauvaise passe. Un film charmant.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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