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L'OEUVRE SANS AUTEUR (parties 1 et 2)

Une approche de la création artistique prenant des chemins inattendus

À Dresde en 1937, le tout jeune Kurt Barnet découvre alors sa vocation de peintre lors d’une visite d’exposition organisée par les nazis. Dix ans plus tard en RDA, alors qu’il est étudiant aux Beaux-arts, Kurt a bien du mal à s’inscrire dans les mouvances artistiques imposées par l’État communiste. C’est alors qu’il fait la rencontre d’Ellie, la fille d’un professeur et médecin influent…

L'oeuvre sans auteur film image

Attention : les Partie 1 (1h31) et Partie 2 (1h39) sortent le même jour en salles

Nouveau film du réalisateur du carton international "La vie des autres", Florian Henckel von Donnersmarck, "L’œuvre sans auteur" s’intéresse à plusieurs périodes de l’Histoire allemande (des années 30 aux années 50-60), au travers du regard d’un jeune artiste, ayant bien du mal à affirmer son propre style. Soumis au diktat du national socialisme dans son enfance et sa jeunesse (on a droit ici à discours édifiant entre la représentation nécessaire de la réalité, le reste étant forcément teinté « d’intentions politiques »), il devra après guerre se conformer au bon goût dicté dans des enseignants communistes (soutenant notamment que l’art ne doit pas être égoïste, mais « servir le peuple »).

Débutant sur les événements qui mèneront à l'internement de sa tante, avec laquelle il avait une vraie complicité et qui lui appris à « ne jamais détourner le regard », le scénario fera planer cette ombre de la folie tout au long du film, tout comme la présence venimeuse du souvenir des nazis. Si l’évocation de la dureté des régimes est quant à elle parfois directe (la stérilisation de 400 000 personnes, la détresse de la tante internée, le destin du père qui refusa de signer au parti…), celle des mouvances artistiques est plus cynique (la moquerie des modèles « virils » avec faucille et marteau...).

Déroulant une première partie sans réelle surprise, l’approche du processus créatif n’étant pas passionnante, le récit prend des chemins plus inattendus dans sa deuxième, visant à la fois indépendance d'esprit et justice face à l'Histoire. Avec un scénario qui devient alors un peu plus retord, jouant d’un faux suspense pour mieux évoquer des destins individuels face à la grande Histoire, le film, porté par un casting plein de justesse, par moments poétique (les concerts de klaxons, les envolées amoureuses…), devient finalement émouvant et nostalgique. De quoi mieux comprendre pourquoi, ce film initialement de 3h10 et inspiré de la vie du peintre Gerhard Richter (né en 1932 à Dresde et vivant à Cologne), fut nommé à l’Oscar du meilleur film étranger 2018, après être reparti bredouille du Festival de Venise.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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