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LITTLE SOLDIER

Un retour à la vie doublé d'un redoutable choc père – fille

Une jeune femme ère dans les rues d'une ville danoise, saoule et visiblement tracassée. Elle ne répond pas aux sifflets des hommes et semble sur le point d'exploser. Rentrant chez elle, dans un appartement peu entretenu, où règne un bordel innommable, elle se retrouve contrainte d'ouvrir à son père, et de bouger un peu...

Venu du Danemark et découvert en compétition au Festival de Berlin 2009, « Little soldier » est un film d'ambiance centrer sur deux personnages féminins, une ancienne soldat revenue dans sa ville natale et visiblement affectée, et la nouvelle femme de son père, une prostituée africaine. D'emblée, le film nous déstabilise, la caméra ballante, à l'image de cette femme mal à l'aise, qui cache visiblement une blessure, se saoule et empile les détritus et autres vêtements sales dans son appartement. Puis, grâce à l'arrivée d'un père envahissant, et au boulot de chauffeur qu'il va lui donner, on croit à un regain de vie.

Mais c'est vers un double affrontement de deux logiques que le scénario va nous mener, sur fond d'une amitié naissante mais fragile. D'un coté une immigrée est venue nourrir sa famille dans un pays d'Europe réputé riche, et est prête à toutes les compromissions, et face à elle il y a ce que l'occidentale comprend avec sa propre morale, des besoins de l'autre, de son envie voilée de retour au pays. D'un autre, il y a l'emprise d'un père autoritaire et bon vivant qui cache bien des activités suspectes, et face à lui, il y a un petit soldat qui a toujours fait ce qu'on lui disait de faire, mais qui veut sauver le monde, à sa façon... Ce triple portrait croisé, touchant dans sa complexité comme dans ses logiques éloignées, doit beaucoup à la qualité de l'interprétation, Trine Dyrholm en tête, à la fois boudeuse, austère et porteuse d'un espoir d'une autre vie, qu'elle pourrait bien payer cher.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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