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LES COMING OUT

Un film de Ángeles Reiné

Qu’est-ce qu’on a fait à Dios ?!

Eva doit se marier avec un Écossais dont la famille est ultra-conservatrice. Or, elle apprend au même moment que sa grand-mère est lesbienne et qu’elle veut épouser son amie de toujours. Eva rejoint alors sa grand-mère sur l’île de Lanzarote pour la convaincre de renoncer à cette union afin de sauver son propre mariage…

Sortie le 22 janvier 2021 sur Netflix

Voilà que Netflix distribue des comédies espagnoles avec vingt ans de retard ? Ah non, désolé, c’est récent ! Trêve de plaisanterie, on perçoit dès le début que ce film sent un peu la poussière, avec un humour daté et des situations ou répliques au mieux convenues, au pire ringardes.  À l’image de la franchise française "Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?", ce long métrage (le premier de sa réalisatrice) prétend surfer sur l’évolution des mentalités et de la société tout en déversant des seaux de clichés et de maladresses, flirtant ainsi avec l’homophobie inconsciente alors même que "Les Coming Out" ambitionne de critiquer l’intolérance !

Jamais la réalisation ne parvient à atteindre la finesse nécessaire pour cette histoire. On peut certes louer une certaine bienveillance générale, et donc un message en faveur de la liberté et de la coexistence, mais c’est trop souvent gauche voire lourdingue pour que l’on puisse adhérer pleinement à ce récit ou s’attacher aux personnages. C’est dommage car ces derniers avaient un certain potentiel s’ils avaient été travaillés plus en profondeur et/ou mieux joués. Deux protagonistes sortent un peu du lot, tant pour leur personnalité que pour le jeu de leurs interprètes : Jorge (David Verdaguer), le mec mal à l’aise qui fait parfois penser au Professeur de "La casa des papel", et Bienvenido (Alex O’Dogherty), le prêtre progressiste.

Au final, on sourit çà et là, on s’émeut de temps en temps, et on peut trouver quelques idées sympathiques, comme lorsque Jorge imite la parade nuptiale d’un primate ou quand Celia explique qu’elle préfère utiliser l’expression « sortir de la penderie » (« salir del ropero », le titre original du film) plutôt que « sortir du placard » (« salir del armario »)  en estimant que c’est plus approprié pour une femme. Malheureusement on soupire trop souvent et on a donc tendance à décrocher. Copie bâclée !

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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