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QU'EST CE QU'ON A FAIT AU BON DIEU ?

Des clichés à n'en plus finir

Les parents de la famille Verneuil sont fatigués. Trois de leurs filles ont épousé respectivement un Juif, un Arabe et un Chinois. Ils fondent de grands espoirs en leur petite dernière, pour qu'elle se marie avec un catholique. En attendant, ils doivent composer avec les différences des uns et des autres et, lors de divers repas de famille, assister aux échanges entre leurs gendres, plus susceptibles les uns que les autres...

À la vue de la bande annonce de "Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ? ", on pouvait se dire qu'il y avait là une bonne idée, visant à exploser tous les clichés racistes, au sein d'une France multicolore et dans laquelle les religions cohabitent malgré leurs différences. On espérait ainsi trouver ici une meilleure exploitation de ces thématiques que dans le décevant film d'Etienne Chatiliez, "Agathe Cléry", qui voyait une bourgeoise blanche raciste devenir noire du jour au lendemain. Ceci d'autant plus que le casting semblait prometteur, avec Christian Clavier et Chantal Lauby en parents dépassés par les événements, et parmi les gendres, le comique Ary Abittan ou Medi Sadoun, déjà remarqué dans "Les Kaïra".

Malheureusement il ne suffit pas de mettre dans la bouche d'un arabe, un juif et un chinois un ensemble de clichés et d'insultes caricaturales, pour provoquer l'hilarité. Le film aligne ainsi les scènes navrantes, la plus jeune des filles ayant choisi d'épouser un catholique, certes, mais noir. On notera cependant trois bonnes idées, qui permettent de provoquer des situations comiques réussies : le personnage du psy interprété par Elie Seimoun, écoutant les élucubrations animalières d'une Chantal Lauby inspirée dans son côté azimuté ; la sœur dépressive, qui se met à pleurer pour n'importe quelle raison ; et enfin le portrait de la belle famille ivoirienne, dont les parents accumulent plus de tics racistes que tous les autres. Cette dernière finit cependant par verser dans un excès de bons sentiments, au final forcément politiquement correct. Décidément les comédies françaises ne prêtent pas à sourire en cette année 2014.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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