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THE KING

Un film de James Marsh

Rejet et violence

Elvis est un jeune marin de 21 ans. Ayant quitté la navy, il se lance à la recherche de son père, qu’il retrouve en un pasteur d’une église baptiste. Celui-ci s’est marié et est devenu père de deux autres enfants, un garçon et une fille…

The King, présenté à Un certain regard en 2005, offre à Gael garcia Bernal son premier rôle de méchant. Le jeune comédien espagnol (Carnets de voyages, Le crime du père Amaro) y incarne en effet un jeune homme au dessein ambigu, devenant de plus en plus inquiétant, au fil du récit. Rejeté par un père qui refuse en premier lieu de le reconnaître, il s’insinue dans cette famille qui ne veut pas de lui, et y confirme des divisions déjà existantes. Assez proche dans sa trame de Down in the valley avec Edward Norton, le malaise y est bien plus palpable, Garcia Bernal jouant sur l’innocence et le sourire permanent, face à un William Hurt donné coupable par avance.

Traité comme un thriller, aux suspenses consécutifs et gradués, The king pose la question du pardon, du désir de vengeance, et surtout de leurs rapports à la pratique religieuse. Suffit-il de refaire sa vie pour mettre son passé de coté ? Certainement pas répond le réalisateur, qui joue avec nos nerfs autant qu’avec notre morale, créant un film honnête, mais un peu trop statique en contraste avec la dernière scène, d’une violence extrême.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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