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LA GRANDE SEDUCTION

Conte chaleureux de la réalité rurale

Un petit village de Québec met tous ses espoirs en l'arrivée d'une usine, pour retrouver vitalité et habitants. Malheureusement, la condition posée par l'entreprise, est la présence d'un médecin à plein temps. Pour en faire venir un, les habitants vont s'inventer un monde idyllique…

Le film de Jean François Pouliot est, telle une contine pour grands enfants, construite avec un prologue et un épilogue, donnant contexte et morale au reste de l'histoire. On a même droit à un interlude dans la même veine humoristico-fantastique. On y voit un plan large sur le village et sa baie, montrant l'ensemble des toitures, dans une certaine pénombre, qui permet de mettre en évidence les rares ou multiples fenêtres allumées, et de montrer les cheminées évacuant la fumée des cigarettes post-coïtum. Le ton est ainsi donné, à la fois réaliste sur une condition sociale et une ambiance morose, et positif ou extravagant côté vie privée ou commune.

Le fameux docteur tant courtisé est impeccablement incarné par le séduisant et propre sur lui (David Boutin), qui ne manquera pas de trouver l'âme sœur en la plus sauvageonne des natives. Mais le personnage principal du film serait plus celui du vieil homme grisonnant, près à tout pour retrouver son honneur de travailleur, sans jamais trahir son lieu de vie. Entre les chèques qu'il va chercher au nom de collègues déjà morts et son aptitude à trouver toutes sortes de subterfuges pour faire croire que le village a cents habitants de plus ou est la capitale du cricket, il étonnera autant qu'il touchera. Les trouvailles scénaristiques fourmillent, et font tout le plaisir de cette farce un rien grasse, qui aborde une réalité rurale incontestable et les comportements bien peu humains des entreprises, avec intelligence et drôlerie.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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