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FUNÉRAILLES D'ÉTAT

Un film de Sergei Loznitsa

Un travail de recherche impressionnant, mais sans fond

Un documentaire à base d’images d’archives, revenant sur la mort de Staline, de son annonce au peuple à l’enterrement, en passant par la mise en bière…

Funérailles d'Etat film image

Diffusion sur Arte le 06 avril 2020, puis en Replay

Le documentariste Sergei Loznitsa, à qui l’on doit en autre "Donbass", revient avec un nouveau documentaire à la forme bien particulière, se focalisant sur le décès de Joseph Staline en 1953. Le (seul) tour de force du film, est le fait qu’il soit entièrement constitué d’images d’archives. Et malheureusement, il n’y a pas grand-chose d’autre à rajouter. Si le travail de recueil d’images est certes impressionnant, on a un peu l’impression que Loznitsa en a fait une obsession et en a presque oublié d’en faire un film.

Il se contente en effet de monter les images d’archives dans l’ordre chronologique, commençant par l’annonce de la mort du dirigeant dans diverses villes, jusqu’à son enterrement, en passant par les hommages internationaux et populaires. On n’aura droit à aucun commentaire, aucune analyse, aucune explication, simplement une succession d’archives, et si au début le spectateur peut trouver cela intéressant, les deux heures se révèlent assez douloureuses.

Il faut bien comprendre que le documentaire ne nous épargne rien, devenant plus une accumulation d’images qu’autre chose. On a ainsi droit à 45 minutes de moscovites défilant devant le corps de Staline, qui succèdent aux 40 précédentes minutes nous montrant toutes les délégations étrangères se poser sur le tarmac de l’aéroport de Moscou. Cela en devient juste risible, insupportable et inutile.

Concernant les images en elles-mêmes, la restauration est de bonne facture, même si l’on se demande pourquoi certains plans ont été colorisés et d’autre non, voire même parfois pour certains plans, pourquoi ils n’ont été colorisés qu’en partie, passant d’un coup d’un seul de la couleur au noir et blanc sans prévenir. La restauration audio, à l’instar de l’image, est elle aussi de grande qualité.

Au final, si le travail de recherche n’est pas à jeter et qu’il est intéressant de voir la réaction des Soviétiques à l’annonce de la mort de Staline, les deux heures de « film » sont beaucoup trop longues et ennuyeuses pour qu’on y trouve un réel intérêt et donnent plus l’impression de parcourir le site de l’INA que d’être réellement face à un documentaire.

Ray LamajEnvoyer un message au rédacteur

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