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FAUSTA

Le poids de la transmission

Dans les contrées désertiques du Pérou, sous un soleil implacable, une jeune femme affichant une impassible et permanente tristesse, doit assister aux préparatifs du mariage de sa cousine...

« Fausta » est un film atypique, difficile d'accès, mais dont la poésie teintée de souvenir d'un passé pas si ancien, finit par troubler. Lors d'une jolie scène d'ouverture, une mère chante sur son lit de mort avec sa fille. Elle déclame un récit plutôt épouvantable de viol et de la tristesse transmise par le sein à sa fille (légende qui donne son titre original au film « La teta asustada »). Cette maladie imaginée, cette tristesse permanente, le personnage principal va la traîner avec elle tout au long du film. Et elle ira de fuite en malaises, d'autant plus qu'elle a une pomme de terre dans son vagin, ceci pour éviter qu'elle se fasse elle aussi violer, comme le fut sa mère !

Sur fond de préparatifs du mariage de sa cousine, l'on suivra son long et douloureux périple vers une libération nécessaire du poids d'un passé familial mais aussi national, lié à une dictature encore récente. Les paysage désertiques et sublimes du Pérou viennent illustrer l'absence d'horizon. Il en sera de même dans la maison d'une riche espagnole, intriguée par sa timidité, chez laquelle la jeune fille se trouvera employée, coupée de la ville par un portail électrique des plus opaques.

Le seul espoir est d'abord, à l'image de tout un peuple, de se tourner vers Dieu. Fausta tentera cette voie, gravissant les raides escaliers qui mènent à une vierge de pierre en haut d'une colline complètement pelée qui surplombe la ville... Mais est-ce là la solution ? Ce film troublant, à l'image de son personnage principal, absent, ne répondra à aucune de vos questions. Visuellement très beau, il offre un final libérateur, donnant à voir les dunes, et la plage, symboles d'une féminité retrouvée qui doit malheureusement passer par une coupure de cordon forcément douloureuse.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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