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TOXIQUE

Un film de Claudia Llosa

La force du lien maternel dans un film de possession à l’ambiance réussie

Amanda, allongée, puis traînée au sol dans des feuillages, est interrogée par David, un jeune homme, sur son ressenti lors de son arrivée au village avec sa fille. Elle tente de se remémorer les détails de sa rencontre avec Carola, la mère de David, sa voisine…

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Sortie sur Netflix le 13 octobre 2021

Passée par deux fois par le Festival de Berlin, où elle a remporté l’ours d’or avec "Fausta", puis présenté "L’Attrape-rêves", avec Jennifer Connely, la réalisatrice péruvienne Claudia Llosa nous livre un film d’angoisse, dont l’intrigue se situe dans un village isolé d’Argentine, où une jeune mère espagnole est venue s’installer avec sa fille. Attendant longuement que son mari arrive, elle va faire la connaissance de sa voisine, belle femme dont l’assurance et l’allure cadrent peu dans ces lieux de « gauchos » (cow-boyw argentins), et dont la relation avec son fils s’est brutalement distendue suite à un événement mystérieux, celui-ci étant devenu par la suite « différent ». Construit en une série de flash-back guidés par ce dialogue en voix-off entre David et Amanda, celui-ci l’interrogeant sur sa mère, le film revêt d’emblée une ambiance étrange que le récit ne fera que renforcer, traduisant l’augmentation d’un danger potentiel autour d’Amanda et sa fille, et traitant par là même du lien indéfectible entre une mère et sa progéniture.

Mélangeant des thèmes déjà exploités par la réalisatrice, comme l’empoisonnement (dans "Fausta" tout un village était victime de saturnisme du fait des exploitations minières locales) ou les croyances païennes (un aspect présent dans les Andes de "Fausta", mais surtout dans "L’Attrape-rêves", puisque le film faisant le portrait d’une sorte de guérisseuse au don mystérieux), "Toxique" joue avec l’étrange comportement de David et l’évolution de celui de Carola, invitant une dose de fantastique menaçant le bébé comme sa mère, ceci pour mieux revenir sur des thématiques plus actuelles. Dolores Fonzi incarne avec conviction une instabilité grandissante chez la mère de David, tandis que María Valverde (vue récemment dans "La Toile de l'araignée"…) parvient à insuffler suffisamment d’inquiétude à son personnage d’étrangère, qu’elle parvient à nous en transmettre une bonne partie. Quant à Emilio Vodanovich, on regrette presque que son personnage aux multiples facettes, source de cette histoire lorgnant sur la notion de possession, ne soit pas plus présent, tant son jeu est de qualité et son personnage capable de semer le trouble. Aidé par une photographie qui amplifie le caractère isolé mais bucolique des lieux, "Toxique" nous absorbe dans son étrange univers où chacun survit comme il peut.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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