Parce qu'on en a jamais assez !

LE COEUR A VIF

Un film de Ryan Eslinger

Déficit d'émotion véritable

Un agent d'entretien tombe sur un employé, endormi sur son bureau. Le dialogue est difficile. L'employé retourne chez lui, auprès de sa femme. Et là aussi le dialogue est difficile...

Sortie en DVD le 3 mai 2012

'When a man falls in the forest' nous conte à la fois le quotidien d'un homme en crise, de son couple qui ne se comprend plus, et celui d'un agent d'entretien, coincé, qui n'arrive pas à s'ouvrir aux autres. Chacun porte sa croix (un accident, la fatigue, une beauté qui se fâne...) dans ce film profondément humain, où l'émotion peine tout de même à éclore... Il s'agit pour le mari, qui espère secrètement renouer des liens avec sa femme, de faire un essai avec un ami perdu de vu depuis près de quatre ans, pour se donner du courage. Ou simplement pour mieux se regarder en face, voire ses défauts et tenter de communiquer à nouveau, d'aller vers l'être aimé.

Par certains aspects on pense à 'Ice Storm' d'Ang Lee, la virtuosité de la mise en scène en moins. L'ambiance est à l'engourdissement, à l'image de ce personnage principal qui prend des somnifères pour oublier, se laisser aller, dormir sans se réveiller. Ces passages là sont plutôt réussis. Mais la mise en scène s'offre aussi quelques fantaisies. Ainsi on assiste aux rêves partiels de l'agent d'entretien, où il finit s'affirmer, prendre le dessus et devenir un justicier aux super pouvoirs. Ceux-ci s'avèrent finalement un peu plombants, peinant à nous arracher un sourire.

Globalement désenchanté, le film fait la part belle aux acteurs. Sharon Stone y trouve un rôle magnifique, en femme qui doute de sa beauté et se sent peu à peu dépérir dans l'absence de regard des autres. Presque méconnaissable, elle livre une superbe scène d'espoir déçu, dans une allée d'un centre commercial, lorsque face à son mari qui aurait envie de relancer la machine, de redevenir entreprenant, elle s'écroule incapable d'y croire encore. Thimothy Hutton ('Des gens comme les autres' de Robert Redford) fait un retour remarqué, son regard clair empli de tristesse et d'une salvatrice lueur d'espoir. Quant au dernier interprète ( Dylan Baker ), son rôle d'associal est emprunt d'un jeu subtil, mêlant caractère craintif à outrance, tics discrets et gentillesse simplette.Un film au malaise lancinant, qui vous accompagnera forcément quelques temps.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire