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CLOSE KNIT

Un film de Naoko Ogigami

Quand une bonne idée se meut en parabole simpliste

Une petite fille, Tomo, 11 ans, délaissée par une mère aux absences répétées, est recueillie par son oncle et sa compagne transsexuelle, Rinko. D’abord oscillant entre curiosité et inquiétude, la jeune fille commence à faire confiance à l’étrange amie de son oncle...

"Close-Knit" était l'un des longs-métrages événements du Panorama du Festival de Berlin 2017, à la fois parce qu’il s’agissait de la nouvelle réalisation de Naoko Ogigami à qui l'on doit le toujours inédit et formidable "Megane (Glasses)", ensuite parce qu’il s’agissait d’une histoire de transsexualité, vue d’un point de vue japonais.

Basée sur des ingrédients qui ont fait la réussite des films de son compatriote Kore-Eda (une galerie de personnages, fortement humains, dans laquelle une enfant a la première place), le film met l’accent sur les difficultés de communication, tout en donnant à voir comment une complicité s’installe. Peu avare en idées originales pour illustrer celle-ci (le dialogue avec des gobelets, la bataille de chaussettes de laine, les seins en tricot…), le scénario est moins inventif lorsqu’il s’agit de parler de transexualité.

Le début du film est donc plutôt séduisant, posant la solidarité en point central du récit. Mais l'aspect pédagogique sur la transition, avec force symboles autour du tricot (des pee-pee ou bites tricotées pour expliquer l’opération !) finit par prendre malheureusement tellement le dessus sur le reste, que les moments les plus complices ou les plus durs en perdent toute réelle émotion. Entre les accoutrements de grand-mère que s’évertue à revêtir le personnage, sorte de modèle de femme désuet, et l’attendu retour de la mère indigne, la niaiserie contagieuse fait que "Close-Knit" n’est malheureusement pas à la hauteur de son sujet.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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