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LES CLEFS DE LA MAISON

Un film de Gianni Amelio

Un film extrêmement difficile et pudique

Un homme d'environ trente cinq ans (Kim Rossi Stuart) récupère son enfant de 15 ans, Paulo (Andrea Rossi), handicapé. Ce dernier a été élevé par la sœur de sa femme, décédée, et le mari de celle-ci. Père et fils vont peu à peu apprendre à s'apprivoiser, et à donner…

Voici un film italien dont la dureté n'a d'égal que la sensibilité. Un film qui affiche amour et compassion autant que souffrance compréhensible et qui tente de vous faire partager cela, deux heures durant. Plus qu'aux heures précédent une n-ième intervention chirurgicale sur l'enfant, on assiste à une rencontre entre ce gamin attachant et un père déboussolé par l'univers qu'il doit pénétrer. Pour l'y aider, et nous initier, le scénariste a mis sur son chemin une mère, courageuse et fière, qui a voué sa vie à sa fille, clouée au lit.

Par elle, ce père et cet enfant vont relativiser leur situation, et apprendre à ne pas renoncer. Cette femme, c'est Charlotte Rampling, impeccable de dignité et de souffrance contenue. Le jeune homme, lui, est interprété par le formidable Kim Rossi Stuart. Rarement on aura vu un homme pleurer de la sorte, ouvrir les vannes à ce point, vous arrachant au passage quelques larmes. Son retour vers un passé honteux et douloureux est à la fois déchirant et porteur d'une humanité retrouvée. Un film très difficile mais percutant.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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