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LES BOUCHERS VERTS

Humour, à froid, délicieusement amoral

Svend et Bjarne décident d’ouvrir leur propre boucherie. Mais les clients sont rares, et lorsque leur ancien patron les met au défi d’approvisionner le dîner du Rotary Club, Svend se venge et découpe des tranches de jambe de l’électricien, accidentellement enfermé dans la chambre froide…

L’humour nordique, semble décidément synonyme d’humour noir, et pince sans rire. Après Kitchen Stories, voici les Bouchers verts, venus cette fois-ci du Danemark. L’idée de départ n’est pas nouvelle, (on avait déjà vendu de la viande humaine dans Delicatessen), mais ici totalement assumée dans son horreur. Le rire n’est jamais à gorge déployée, mais provoqué par le décalage de réaction entre personnage et spectateur, qui s’imagine dans la même situation.

Les personnages sont complètement barrés et semblent avoir une drôle d’approche du romantisme. Inviter sa fiancée à une « inauguration de boucherie », est certes original, mais n’a rien d’affriolant. On retrouve ainsi Nicolaj Lie Kaas, déjà vu dans l’excellent Reconstruction et dans les Idiots, brute épaisse au charme inquiétant, dont on ne sait jamais quand il va exploser. Mais le personnage le plus intriguant est celui de Mads Mikkelsen, à la coiffure irréelle et risible, sorte d’extra terrestre amoral, pour lequel seule la réussite compte. Un conte fantastique et horrifique sur des plaisirs frigorifiques.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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