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BONSAÏ

Sources d'inspiration

Julio, n'étant pas retenu pour dactylographier le roman d'un vieil écrivain, se met à écrire à la main, faire de fausses taches de tasse à thé, s'inventant un faux roman à retranscrire. L'objectif : faire croire à Blanca, sa maîtresse, qu'il a été pris...

« Bonsaï » est une œuvre singulière, tout droit venue du Chili. Un film dont le rythme et la nonchalance du récit vous happent progressivement, donnant consistance à son personnage principal, Julio, jeune homme qui semble encore se chercher, qui se retrouve à écrire le livre « d'un autre », en y mêlant ses propres souvenirs, dont ceux de son grand amour, huit ans auparavant : Emilia.

D'emblée l'illusion d'une histoire centrée sur leur idylle est écartée, car le metteur en scène l'annonce : à la fin Julio vit, Emilia meurt... Le véritable sujet du film est donc plus à chercher du côté de l'écriture et de la capacité à passer de la fiction (une vie inventée) au réel (une vie vécue). Julio utilise donc progressivement Blanca, cette compagne de convenance, qu'il rechigne visiblement à considérer de manière sérieuse, pour faire resurgir ses souvenirs, mais aussi quelque part, pour franchir le pas de l'écriture, lui qui se contente de donner des cours de latin à une gamine de riches.

Délicatement, le scénario de Critián Jiménez, adapté du roman d'Alejandro Zambia, insuffle de l'humour à cette double histoire d'amour et de création. Les détails, objets ou personnages, font la richesse du film, du livre qui une fois retiré laisse une marque de bronzage indélébile (un présage d'un avenir littéraire?), jusqu'à une grand mère faisant semblant d'être sourde et qu'on traite de « vieille bique ». Si le tout sent le vécu, et remettra en mémoire quelques tranches de vie, chacun ne connaîtra pas pour autant un destin d'écrivain. Car comme le dit l'auteur, « écrire c'est comme s'occuper d'un bonsaï », il faut savoir prendre soin du récipient et de l'arbre (pas de l'un sans l'autre). Et certains, malheureusement, restent à côté de la vie, la regardant passer, sans jamais vraiment s'y investir.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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