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BIENVENUE AU GITE

Un film de Claude Duty

Claude Duty s'assagit pour notre plus grand bonheur

Un couple de parisiens (Harel et Foïs) débarque en Provence, où ils viennent de faire l'acquisition du gîte tenu par une de leurs amies. Bien entendu tout n'est pas à l'image de leur rêve : la copine sensée passer le relais s'est tirée, il faut se lever à 6h00 tous les matins, la déco est d'un kitsch écœurant… et dans le village, il y a un deuxième gîte…

Le réalisateur de " Filles perdues cheveux gras ", sans délaisser le kitsch et une certaine outrance, redonne à ces excès, dans son second film, une place plus pondérée, qui se limite à quelques décors ou scènes d'hystérie. En s'assagissant quelque peu et en laissant plus de liberté à ses interprètes, il met ses personnages en relief et donne à une intrigue, au départ classique, un rythme et une fraîcheur inattendues. Encore plus fort, il arrive à capter, au travers du personnage de Marina Foïs, l'essence du citadin, accroc à une activité permanente.

L'ancienne Sophie Pétoncule des Robin des Bois, prouve ici qu'elle sait jouer autre chose que les idiotes effarées. Si certaines mimiques rappellent ses sketchs, elles tombent ici fort à propos, soulignant un décalage vivace entre les personnages et leur nouveau milieu. Et c'est sur toutes ces petites différences, les conflits qui en naissent, les découvertes mutuelles, que Duty a construit son intelligent et savoureux récit.

Bien sûr, certains souligneront l'aspect très " parisien " de la chose (voir la scène appuyée de contemplation d'un champs d'oliviers), mais le film n'en est pas moins un vrai bonheur, fourmillant de trouvailles (le gîte gay, la fête médiévale, le lama…) à la limite du réalisme, qui a le mérite, sans opposer ville et campagne, de faire la part des choses, et d'égratigner le côté parfois artificiel du " terroir ". Une comédie au fort potentiel, à voir absolument.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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