avec ou sans moustache

LA BANDE DU DRUGSTORE

Une époque pas si révolue

En 1967, les 'minets', avec leurs belles chaussures, leurs pulls en cachemire et l'argent de papa, arpentes les boîtes branchées dans Champs Elysées. Ils cranent et pavoisent, méprisant les filles, jusqu'à ce que les premiers véritables émois apparaissent, renversant les valeurs…

S'il nous plonge remarquablement dans l'univers des années 60, par notamment l'ambiance musicale du film, à la fois dynamique et rétro, le réalisateur capte surtout à merveille l'émoi et le désarroi de ces adolescents, qui hésitent entre la liberté de l'insouciance, de ce qu'ils croient faire un homme (le machisme, la force, l'apparence et l'apparat) et le sérieux et le respect qu'exigent les relations adultes. Et bien entendu cette description d'un âge entre deux est encore valable aujourd'hui.

Filmant au plus près les corps lors des scènes de danse, il use à bon escient des plans plongeants, et capte la langueur du désir. De même, il met magnifiquement en valeur ses jeunes interprètes, dont le moindre mouvement infime des lèvres ou des yeux, prend une dimension érotique et innocente.

Mathieu Simonet interprète à merveille les jeunes puceaux, rayonnant d'une jeunesse et d'un désir hésitants. Alice Taglioni est remarquable en jeune femme, s'affirmant comme la plus mure du groupe, la plus émancipée et découvrant les joies des interdits. Sans oublier Cécile Cassel en boudeuse amoureuse (le contraire d'un caractère enjoué montré lors des projections) et Aurélien Wiik en crâneur invétéré, franchement mythomane. Une jeune distribution à suivre de près.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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