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L'APPRENTI SORCIER

Plutôt surprenant

Alors qu'il est en train de dragouiller une camarade de classe, un gamin de 10 ans, Dave, se retrouve à poursuivre un bout de papier, sur lequel la belle lui a donné sa réponse à la question suivante: veux-tu devenir mon amie ou ma petite amie ? Etrangement le bout de papier finit par se loger dans la boîte au lettre d'un étrange et ancien magasin d'antiquaire. Dans la boutique, Dave fait la connaissance d'un sorcier, Balthazar, et par erreur libère son pire ennemi, Horvalt. Après une bataille plutôt violente, les deux hommes se retrouvent enfermés pour 10 ans dans une jare. Dix ans plus tard, et passées de nombreuses thérapies visant à soigner ses « hallucinations », Dave est devenu un garçon complexé et coincé, qui retrouve par hasard sa belle sur les rangs de l'université, et va bientôt être poursuivi par Horvalt qui souhaite savoir ce qu'il a fait de la poupée russe dans laquelle il était initialement enfermée...

On était en droit de craindre le pire, lorsqu'à la lecture du synopsis, on s'apercevait que Disney, en manque certain de bonnes idées, tentait ici de développer une histoire autour de « L'apprenti sorcier », l'un des courts métrages composant le fameux « Fantasia ». En sortant de la projection, on est cependant plutôt agréablement surpris. Non pas que l'histoire soit formidablement originale – vous avez certainement déjà eu la migraine rien qu'à la lecture du synopsis ci-dessus -, mais simplement parce que le duo Cage – Jay Baruchel fonctionne à merveille, que le jeune acteur incarne à merveille un ado complexé (on préfèrera tout de même la V.O.), et surtout parce que le rythme ne faiblit pas, conférant à ces aventures modernes, un charme certain.

Il faut dire que les maladresses du héros, classique ado qui ne croit pas en ses capacités, traumatisé par son enfance et ses rapports aux autres, et qui a du coup bien du mal à affirmer une quelconque personnalité, loin de l'effrayant Geek de départ, est pour beaucoup dans le comique ambiant. Les dialogues également font mouche, remettant adultes ou ados à leur place, selon l'humeur. Et si l'on arrive à passer le look (assumé, mais pas drôle) de Nicolas Cage, il faut bien avouer que les rôles des deux sorciers semblent avoir procuré un certain plaisir à leurs interprètes. A sorcellerie est gentiment tournée en dérision, et le summum du plaisir est atteint lors de l'amusante évocation de « Fantasia », Dave tentant de nettoyer son atelier en activant balais et serpillères, qui deviennent vite incontrôlables. Pour une fois, on n'est pas mécontents que Mickey soit loin, faisant place ici à une heureuse modernité, servie par des effets spéciaux, magie oblige, d'une indéniable qualité.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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