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ANATOMIE DE L'ENFER

Toujours aussi torturé

Une jeune femme se retrouve dans une boite gay. Désemparée face à l'absence de regards portés sur elle, elle décide de provoquer certains contacts de manière à se faire remarquer. Devant l'inefficacité de la méthode, elle s'ouvre les veines dans les toilettes. C'est là qu'un homme intervient. Elle va lui proposer de le rémunérer pour qu'il la regarde, objectivement, dans toute son intimité…

Les interrogations de Catherine Breillat sur le corps de la femme et ses rapports à l'homme n'en sont plus véritablement. Il s'agit plus d'affirmations opposant inexorablement les deux sexes et faisant de la femme l'éternelle victime de l'homme, à la fois faussement faible et meurtrie dans son désir. Si certaines réflexions sont bien senties, on commence à se lasser de toute cette crudité (et nudité) inutile qui font la marque Breillat (Romance, Parfait amour).

Rocco Siffredi s'en sort plutôt bien en homosexuel classieux, au verbe facile, découvrant les parties cachées de la femme, généreuse et " impure ". Et Amira Casar se dévoile toute entière (même si certaines scènes ont fait l'objet de doublures corporelles), faisant preuve d'une sensibilité à fleur de peau. Malheureusement, comme toujours, la chair est infiniment triste. Alors si pour une fois Breillat positivait, ça nous changerait. Car non le sexe n'est pas que souffrance, humiliation, et mort, c'est aussi une joie immense.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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