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À TOUS LES VENTS DU CIEL

Un film de Christophe Lioud

Devoir grandir trop vite

Claire, 17 ans, est punie après avoir accepté d'endosser la responsabilité d'une vitre de voiture brisée, causée en réalité par son frère. Elle est contrainte de rester dans la villa qu'ils ont louée pour leurs vacances en Afrique du Sud, alors que ses parents et son frère partent en excursion. Mais sa famille disparaît dans un accident. Pendant que se prépare le rapatriement des corps, Claire s'enfuit dans le désert...

Il y a dans ce premier film signé Christophe Lioud de vraies belles choses et des moments plus maladroits. Peut-être aurait-il dû limiter l’utilisation de la symbolique, traitant la culpabilité de la survivante et sa croyance en le destin par des jeux de dés récurrents qui se font de moins en moins discrets. Que dire aussi de cette rencontre un peu tirée en longueur entre cette jeune occidentale et un environnement trop bienveillant d'un côté (la chamane de la grotte, aux bribes d'anglais...) ou pas assez dangereux de l'autre (le court passage dans le bidonville) ?

Mais le brio des scènes d'ouverture tout comme la manière de magnifier les paysages tout au long du métrage, grâce à une sublime photographie doublée de légers travellings, laissent augurer d'un vrai talent de metteur en scène et de créateur de suspense. Le scénario de ce road-movie, où l'héroïne apprend la dureté du monde à chaque étape, sonne plutôt juste et permet surtout d’obtenir une des scènes clés du film, bouleversante, montrant l'ambivalence d'un personnage devenu adulte trop rapidement.

L'atout indéniable du film reste sa formidable jeune actrice, Noémie Merlant (vue notamment dans "Les Héritiers" ou "La Crème de la crème") et qui truste pratiquement tous les plans. Capable de passer du rire aux larmes, elle impressionne dans ce rôle aux multiples facettes : d'adolescente contrainte de composer en adulte, à fugitive hésitant entre perdition et nouvelle stabilité. On retiendra son regard soutenu, autant que les élans de sa voix, trahissant par moment une certaine fragilité.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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