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5 OBSTRUCTIONS

Expériences perverses

Lars Von Trier met au défi le réalisateur de l'un de ses courts métrages favoris intitulé « l'homme parfait », de tourner cinq nouvelles versions de celui-ci, sous le joug de diverses contraintes. L'homme s'éxécute, subissant à chaque fois le regard critique du célèbre metteur en scène Danois…

Etalée sur près de quatre ans, cette série de défis cinématographiques est l'occasion de découvrir, pour ceux qui n'en était pas encore familiers, l'esprit tordu et aventureux de Lars Von Trier. Le montage habile du film, permet d'éviter les redites, en alternant les extraits du courts métrage original, des nouvelles versions, et des scènes de tournages, sortes de mini making of, ainsi que les entretiens entre les deux hommes. On ne voit donc jamais le court métrage en entier, éloignant ainsi de potentiellement ennuyeuses répétitions.

Les joutes verbales et l'imagination sans borne de Von Trier pour déstabiliser le génie créateur de son maître sont des instants où l'on mesure toute l'admiration réciproque que se portent les deux cinéastes. Et l'on découvre avec jubilation les formes improbables que le film peut prendre, qu'il s'agisse d'un montage saccadé avec des plans limités à 12 images maximum ou d'un dessin animé. A chaque fois le maître s'en sort plutôt bien, démontrant que le cinéma est un art, et que la contrainte, loin de brider la création, permet de sublimer ses règles les plus classiques. Un film intriguant.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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