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28 SEMAINES PLUS TARD

Efficace et sanglant

Alors que le virus semble avoir été éradiqué, le repeuplement de l'Angleterre peut débuter. A commencer par un quartier de Londres, où Don, l'un des rares survivants non contaminés, n'ayant pu sauver sa femme, attend ses enfants, partis en vacances à l'étranger juste avant le début de l'épidémie...

Il y a quatre ans, Danny Boyle réalisateur éclectique (« Trainspotting », « La plage », « Millions »...), surprenait tout le monde en livrant son propre film de zombies, « 28 jours plus tard ». Apocalyptique, survitaminé, terrifiant, le film a connu un vrai succès, qui explique aujourd'hui la naissance d'une suite. Passé du côté de la production, Boyle laisse les rennes à Juan Carlos Fresnadillo, brillant metteur en scène espagnol, auteur du mémorable « Intacto ». Inspiré par son mentor, Fresnadillo reprend le style dynamique de la mise en scène, caméra à l'épaule, images saccadées, éclaboussures de sang, mettant en permanence les personnages en danger et le spectateur au coeur de l'action.

La scène d'ouverture, débutant dans le calme apparent de la campagne anglaise, est un modèle de montée en tension. Efficace, elle permet de planter le trauma initial, qui servira de base à une partie de l'intrigue: Don, voulant sauver sa peau, y sacrifie sa femme, la laissant pour morte dans la maison où lui et quelques autres s'étaient réfugié. Culpabilité, loyauté, incapacité à aider l'autre, la prise de responsabilité, d'apparence lâche, sera lourde de conséquence, sur ses relations avec ses enfants. Le reste du film se déroule en mileu urbain, sur fond de contrôle des foules par les militaires, ajoutant à la pression préexistante, un milieu urbain d'autant plus hostile qu'il est connu de tous.

On se réjouit donc d'en découvrir un peu plus sur ce mystérieux virus qui se transmet par le sang, et auquel certains sont naturellement immunisés, offrant ainsi à l'humanité un certain espoir. Mais comme Boyle à plutôt l'esprit tordu, on assiste stupéfaits à une fin ouverte et maline, qui laisse augurer d'une suite des plus réjouissante. Les fans de films gores vont adorer, les autres découvrir avec terreur, ce qu'une véritable épidémie pourrait générer de décisions politiques inhumaines, qui contrairement aux actes des « méchants » du film, sont elles, parfaitement réfléchies et non de l'ordre de la pulsion.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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